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France

France: plaidoyer du ministre de l'Economie pour un «new deal»

Emmanuel Macron, ministre français de l'Economie, lors d'une réunion concernant l'emploi à l'Elysée, le 7 octobre 2014.
Emmanuel Macron, ministre français de l'Economie, lors d'une réunion concernant l'emploi à l'Elysée, le 7 octobre 2014. REUTERS/Jacky Naegelen

Sous le feu de Bruxelles et des agences de notation, Emmanuel Macron passe à l’offensive. Dans une interview accordée au Journal du dimanche, le ministre français de l’Economie plaide pour un « new deal » européen et un renforcement des réformes économiques d’ici six mois, notamment sur l’assurance chômage.

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Le ministre prône un new deal européen, qui devrait rapporter 10 milliards d'euros d’investissements chaque année pour la France. Et pour cela, le pays doit se réformer.

En plein débat sur le montant et la durée des indemnisations chômage, Emmanuel Macron enfonce par ailleurs le clou. Il faut redresser le déficit de l'assurance chômage de 4 milliards d’euros. « La réforme actuelle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là », déclare-t-il dans le JDD, s’en remettant prudemment aux partenaires sociaux pour faire avancer les choses.

« La France doit faire le travail »

Des réformes, la France en fait déjà, rappelle par ailleurs le ministre de l’Economie, avec les coups de pouce aux entreprises, la réforme du marché du travail, celle des retraites, et d’autres encore en chantier, comme la réforme territoriale ou celle des seuils sociaux.

Emmanuel Macron annonce aussi une loi pour l'activité, qui sera présentée en Conseil des ministres d’ici la fin de l’année. Parmi les secteurs visés : le permis de conduire, la modernisation des conditions de travail, la simplification des procédures dans le logement. « La France doit faire le travail », fait valoir Emmanuel Macron. A condition d’être patient, puisque le ministre fait savoir que les réformes porteront leurs fruits pleinement seulement dans dix ans.

Boulimie de réformes conditionnées par la relance

Les déclarations d’Emmanuel Macron ont encore mis le feu au PS, mais pas à l’Elysée. Où officiellement on réfute tout couac, au contraire. Au-delà de la polémique sur l’assurance chômage, l’ex-conseiller de François Hollande trace en effet la feuille de route économique des six derniers mois utiles du quinquennat, avant les élections régionales de l’automne prochain.

Une boulimie de réformes, conditionnée à une relance européenne de l’économie, qui vise aussi à donner du souffle au président et des gages à la Commission européenne, à l’heure où le mauvais élève français doit rendre à Bruxelles sa copie du budget 2015.

« Réformer, c’est entrer dans la Vallée de la mort »

Il y a à peine un an, et il était déjà à la peine, François Hollande, lançait son « ordre de mobilisation » : « réformer, réunir, réussir ». Réformer, nous explique aujourd’hui Emmanuel Macron, « c’est comme rentrer dans la Vallée de la mort : on ne sait pas quand on en sort ».

Au-delà de l’image particulièrement anxiogène pour les Français, la Vallée de la mort c’est aussi la métaphore d’un président engagé sur un chemin périlleux, à quitte ou double. Un pari pour l’Histoire, à dimension sacrificielle, quand les Français, chaque jour, font des sacrifices.


Le New Deal, version originale

Quand il parle de New Deal, Emmanuel Macron reprend le terme qui fait florès depuis des décennies, celui lancé par le président Franklin Delano Roosevelt le 4 mars 1933. L’idée de ce New Deal, la nouvelle donne, intervient alors que l’économie américaine est à bout de souffle après la brutale récession de 1929.

Entouré de jeunes technocrates dont l’équipe prend le nom de Brain Trust, le président qui n’est élu que depuis quelques mois, lance une noria de grands travaux financés par un programme public. Le premier objectif est de redonner du travail aux Américains parmi lesquels on dénombre alors 25 % de chômeurs.

Pour y parvenir, le démocrate Roosevelt dévalue le dollar, il établit une distinction nette entre banques de dépôt et banques d’affaires, un soutien pour les agriculteurs, il abaisse la durée de travail hebdomadaire, instaure un salaire horaire minimum et favorise l’embauche des jeunes dans des travaux d’utilité publique.

Etat-providence 

Les résultats espérés ne sont pas au rendez-vous, notamment à cause de l’hostilité des milieux d’affaires et du blocage de la Cour suprême. Qu’à cela ne tienne, le président Roosevelt lance un deuxième New Deal en 1935 qui sera suivi d’autres mesures en 1938.

Ces nouvelles étapes prévoient d’augmenter et de soutenir les salaires, d’instaurer une sécurité sociale, d’augmenter les impôts des plus riches, d’accroître les libertés syndicales et d’instaurer des conventions collectives que l’Etat peut arbitrer et contrôler. On construit des logements et au tournant de 1939, le réarmement vient doper la production des usines.

Si le New deal n’a pas eu d’effet miracle sur l’économie américaine, les libéraux l’accusent au contraire d’avoir prolongé la crise, il a néanmoins eu pour conséquence de remettre sur le marché du travail des millions de personnes. Cela dit, le taux de chômage n’est jamais redescendu en dessous de 13 %, alors qu’avant 1929, année de la Grande Dépression, il était inférieur à 5 %.   

 

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