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Terrorisme

Le couac «Mickaël Dos Santos»: comment faut-il informer?

Sur une vidéo de l'organisation Etat islamique, cet homme a été identifié dans un premier temps comme étant Mickaël Dos Santos. L'intéressé dément. Sa mère dit ne pas être sûre de le reconnaître.
Sur une vidéo de l'organisation Etat islamique, cet homme a été identifié dans un premier temps comme étant Mickaël Dos Santos. L'intéressé dément. Sa mère dit ne pas être sûre de le reconnaître.

Alors que la justice française disait avoir des « indices précis et concordants » sur la présence d'un Français, en l'occurence Mickaël dos Santos, sur une vidéo de décapitation diffusée dimanche par le groupe Etat islamique, son identification est remise en question. Un revirement qui pose la question de la communication sur ces affaires. Jean Guisnel, journaliste, spécialiste des questions militaires et de renseignement au magazine Le Point, répond aux questions de RFI.

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RFI : Comment expliquer cette confusion sur la personnalité du jihadiste Mickaël Dos Santos ?

Jean Guisnel : D’abord je voudrais dire que personne n’est à l’abri des erreurs et je ne vais pas jeter les pierres à nos confrères qui ont parlé un peu vite ou qui ont écrit un peu vite. Mais évidemment il faut revenir aux principes de base du journalisme qui sont intangibles et universels : un journaliste vérifie, recoupe, plusieurs fois, et fait extrêmement attention à ce qu’il écrit, notamment quand il s’agit de personne. Là, évidemment, quand la mère d’un jeune homme dit qu’elle l’a reconnu sur une vidéo et que ce n’est pas lui, on ne peut pas jeter la pierre aux confrères qui ont subi ça. 

Mais il faut tout de même faire extrêmement attention aux sources. Dans cette affaire, il y a des manipulations de tous les côtés. De la part des islamistes de Daesh, cette secte nihiliste et suicidaire qui sévit actuellement au Moyen-Orient. Et, ne fermons pas les yeux, possiblement de la part des gens qui, en France, travaillent sur ces sujets, et pour qui ça peut être très intéressant de dire telle ou telle chose, ou de communiquer sur tel ou tel point. Notre boulot à nous, c’est de vérifier et de recouper tout le temps. Il n’y a pas d’exception.

Précisément, les autorités avaient parlé d’indices « précis et concordants ». C’était suffisant pour en tirer des conclusions ?

Quand je dis qu’il faut vérifier et recouper, il faut également vérifier les informations officielles ou les mettre en perspective. Ceci dit, quand les journalistes ont parlé de ces déclarations du ministère de l’Intérieur, ils les ont généralement citées. Ils les ont mises dans le contexte. Ils n’ont pas repris à leur compte complètement. Ils ont dit « voilà ce que dit le ministre de l’Intérieur », ce qui était juste.

Mais en même temps, il y a aussi ce problème de l’extrême rapidité aujourd’hui qui est liée au développement des télévisions de service permanent qui font une surenchère d’informations, qui vont très vite et qui sortent des infos ou des « pseudo infos » un peu n’importe comment, pourvu qu’ils soient les premiers. Pour la presse écrite, c’est un peu plus facile, mais même pour les radios, il faut faire très attention, prendre son temps. C’est souvent le cas.

Mais il y a une pression. Hier, on a vu des jeunes gens brûler leur passeport. Pourtant personne ne sait vraiment si les hommes filmés autour du brasier sont effectivement des ressortissants européens. Est-ce que l’affaire Dos Santos pourrait éviter à l’avenir ce genre de couac ?

Elle ne l’évitera pas parce que l’information est une espèce de machine un peu folle qui va très vite. Mais ce type de conversation entre des journalistes qui réfléchissent mais qui ne sont pas non plus à l’abri des erreurs, fait partie des choses auxquelles on doit réfléchir ensemble. Et puis il faut que nos auditeurs, nos lecteurs, sachent aussi faire la part des choses et ne soient pas avides d’informations immédiates instantanées. Pour cela, il y a d’autres circuits que les circuits journalistiques. Ce qui différencie le journaliste qui donne des informations d’un réseau social qui diffuse une rumeur, c’est qu’il ne vole pas l’information, il la vérifie, il la recoupe. Il faut donc être très attentifs à cela et respecter ces principes de base de la profession.

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