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France/Santé

La revanche en ligne des femmes sur les gynécologues indélicats

Sur Twitter, des témoignnages qui expliquent pourquoi la visite chez leur gynécologue rebutent tant de femmes.
Sur Twitter, des témoignnages qui expliquent pourquoi la visite chez leur gynécologue rebutent tant de femmes. Getty/STOCK 4B

C’est un flot de mots derrière lequel transparaît de la colère, de la douleur et beaucoup de souffrance. Des femmes parlent de leur relation avec leur gynécologue sous le mot-dièse #PayeTon Uterus comme elles n’en parlent le plus souvent qu’entre copines. En 140 caractères, bien des gynécologues gagneraient à aller y jeter un œil.

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C’est parti en quelques heures, un mot-dièse parmi tant d’autres sur les réseaux sociaux #PayeTonUterus, et la déferlante semble ne plus avoir de fin. Celle qui a lancé la lame de fond le 19 novembre, se fait appeler Ondine, @ondeejeune. Elle a 25 ans, elle termine des études de pharmacie et elle est de plus en plus choquée par le nombre de personnes qui ont des difficultés à faire face aux frais des soins médicaux. Elle s’adresse aux « gens qui ont un utérus » (femmes et personnes transgenres) et qui veulent raconter « leurs galères médicales ». 

« Vous, les femmes, c’est dans la tête »

Le public visé est large et il y répond largement : 7 000 messages le premier jour… En 140 caractères, comme l’impose le format Twitter, déboule toute l’incompréhension, les humiliations subies par celles à qui il semble que certains gynécologues veuillent faire « payer leur utérus » comme elles disent. Ici, il n’y a rien que du vécu sans fioritures, sans détour. Souvenir cuisant pour Future Maman : « Quand on te fait une écho pour rien, qu'on te dit "oh y'a un truc" mais on te dit pas quoi et que tu penses cancer ».

Vous avez dit jugement ? En voici un parmi d’autres : « 28 ans et vous ne voulez pas d'enfants ? On va vérifier vos taux hormonaux », rapporte cette jeune femme. Et celle-là : « A 27 ans vous ne voulez toujours pas d'enfants ? Venez pas vous plaindre quand plus tard vous n’ y arriverez pas ! » Une autre : « Quand tu parles libido et pilule à ton généraliste et qu'il te répond "De toute façon, vous les femmes c'est dans la tête" ». Et puis, celle-ci pendant un examen gynécologique : « Oui, vous avez mal, mais c'est le métier qui rentre HAAHHAHAHAHAH ! »… Pour la psychologie, il faudra repasser.

On pourrait se dire que c’est l’exception, l’attitude de quelques malotrus. Mais non, rien à faire, le fait est là, le sexisme vit encore de beaux jours dans les cabinets médicaux de l’Hexagone. Vous avez dit paroles humiliantes ? « A la visite post accouchement "Vous étiez plus jolie la dernière fois que je vous ai vue" », se souvient Jess. Toujours autant de réconfort  chez le médecin d’Elodie : « Vos règles sont douloureuses ? Mais ça ne vous fait pas de mal d'avoir mal de temps en temps, ça vous fait vous sentir femme ! ».

 
« Gluant, mais appétissant »

Sur #PayeTonUterus les hommes sont rares, mais pertinents quand ils alertent sur : « La violence quotidienne des professionnels de santé envers les femmes » et rallient les garçons : « Prenez au moins quelques minutes aujourd'hui pour lire #PayeTonUterus ». Et c’est un homme aussi, Martin Winckler qui sur son blog pose la question « Pourquoi tant de gynécologues-obstétriciens français sont-ils maltraitants ? ».

Tout en précisant qu’il ne s’agit pas de TOUS les gynécologues évidemment, il rejette ainsi une « vision robotisée des femmes » conséquence de l’enseignement formaté qu’ont reçu ces médecins. « Il n'y pas de "normes" en matière de vie humaine, pas plus qu'en biologie, d'ailleurs. Il n'y a que des variantes, des imprévus, des accidents », rappelle l’auteur de l’indispensable Chœur des Femmes.

Cette volée de bois vert sur Twitter fera peut-être cesser ces gestes déplacés comme celui relaté par Adeline : « Quand le médecin te file une claque sur les fesses après un examen » et ces examens brutaux dont parle une autre : « Quand le gynéco manipule la sonde vaginale comme si c'était un levier de vitesse de tracteur ». Mais le trop-plein ne s’arrête pas là : « Quand ton gynéco ausculte ton vagin, puis déclare avec la voix de Simba : "un peu gluant, mais appétissant" le malaise est palpable ».

 
Un site pour trouver le bon soignant

La leçon de morale est aussi de la partie avec ce médecin : « Je ne peux pas vous poser de stérilet c'est pour les personnes en couple, fidèle et avec un projet de vie commun ». Et si jamais, comme cette femme, vous déviez de la pilule obligatoire : « Demander un implant et s’entendre dire :  c’est pas l’Afrique ici, tu peux penser à ta pilule, sinon tu ne couches pas » !!!

Parcourir #PayeTonUterus, c’est à coup sûr s’exposer à un gros coup de colère. Mais parmi ces patientes, qui le sont de moins en moins, surgit l’inévitable question : « Comment échapper à ces praticiens insupportables » ? Eh bien, répondent certaines, en faisant connaître ceux qui ont une pratique respectueuse. Ainsi, un site Notetondoc regroupe les « bonnes adresses » des uns et des autres, comme Qui me soigne. Un autre, Gyn & Co, fournit une liste de soignants féministes, nous fait découvrir au passage ce qu’est la position gynéco à l’anglaise, de quoi espérer passer à autre chose après ces expériences malheureuses.

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