Accéder au contenu principal
France

Vanessa Miranville, 31 ans, une surdouée de la politique à La Réunion

Vanessa Miranville, la jeune maire de La Possession, à La Réunion, en mars 2014.
Vanessa Miranville, la jeune maire de La Possession, à La Réunion, en mars 2014. La Possession/DR

Elue maire en mars dernier, Vanessa Miranville est remplie d’ambitions pour sa commune de La Possession, à La Réunion. Une petite ville d’un peu plus de 30 000 habitants qui fait peu à peu sa mue après avoir été administrée par le même édile durant 43 ans. Un changement qui ne va pas de soi pour certains.

Publicité

Au milieu de la foule qui se presse à Paris en cette toute fin novembre au 97e Congrès des maires de France, Vanessa Miranville, fraîchement élue à La Réunion, maire de La Possession, occupe sereinement sa place. La jeune élue de 31 ans, seule femme à la tête d’une municipalité dans son île de l’océan Indien, se partage entre tables rondes, interventions à la tribune et multiples rencontres avec la presse. Pour la rencontrer, il faut prendre son tour tant les sollicitations sont nombreuses. Pas impressionnée pour deux sous, la jeune femme se plie volontiers à l’exercice. 

Elue sans étiquette en mars 2014, Vanessa Miranville trace sa voie depuis quelques années déjà. L’écologie est le fil conducteur de son engagement qui passe par « Les Jeunes Verts » dès ses 18 ans et des mouvements associatifs comme Greenpeace et le WWF. On la retrouve aussi dans un groupe qui travaille sur le lien entre santé et environnement (Armse). Une parenthèse de dix ans l’éloigne de La Réunion pour poursuivre ses études à Toulouse et à Paris. Un éloignement qu’elle met à profit pour obtenir un CAPES de mathématiques, puis l’année suivante, réussir l’agrégation.

Grincements de dents
 

L'île de La Réunion, au sud-ouest de l'océan Indien, est un département et une région d'outre-mer français de 870 000 habitants.
L'île de La Réunion, au sud-ouest de l'océan Indien, est un département et une région d'outre-mer français de 870 000 habitants. RFI

Joli parcours qui la ramène forcément sur ses terres où elle choisit d’enseigner au collège Raymond Vergès de La Possession. Sous l’étiquette des Verts en 2010, elle va jusqu’au second tour aux cantonales. Puis, dès 2011, Vanessa Miranville prend ses distances avec le parti des  Verts, devenu entre-temps EELVR (Europe Ecologie les Verts La Réunion) dont elle est devenue la porte-parole. Pourquoi ? Mais parce que leur slogan « Penser global, agir local », était devenu, selon elle, bien davantage du « penser » que de l’« agir ». Autrement dit, explique-t-elle, on discutait beaucoup, mais on n’agissait pas souvent… Elle n’en est pas moins restée profondément écologiste et se revendique volontiers proche de Nicolas Hulot, son « mentor », insiste-t-elle.

C’est donc sous la bannière de « La Possession en Action » que celle « qui ne croit plus aux partis politiques » part victorieusement à l’assaut de sa ville natale. De plus, la toute nouvelle élue peut se réclamer de l’association anticorruption Anticor, un gage de changement et tout un symbole dans la bonne ville de La Possession. L’arrivée de Vanessa Miranville met un terme à l’ère Roland Robert, du nom du maire communiste qui a dirigé la ville pendant 43 ans.

La ville de La Possession comptait 30 911 habitants lors du recensement de 2011.
La ville de La Possession comptait 30 911 habitants lors du recensement de 2011. La Possession/DR

 
Si à Paris on lui déroule le tapis rouge réservé aux nouvelles stars, chez elle à La Possession, elle n’est pas encore prophète pour tout le monde. Sa volonté de changer la gestion de la ville fait grincer bien des dents. Certaines n’hésitent pas à mordre d’ailleurs quand la nouvelle maire décide de faire le ménage après avoir mis au jour quelques dysfonctionnements. Ce qui pourrait n’être qu’anecdotique comme la piscine municipale, devenue gratuite parce que la préposée « n’a plus le temps de tenir la caisse », s’avère catastrophique pour les finances municipales quand il s’agit d’un système généralisé.

« On me teste »
 

La commune de La Possession aujourd'hui.
La commune de La Possession aujourd'hui. La Possession/DR

Quarante-trois ans avec la même équipe, forcément, on a pris des habitudes et à La Possession comme ailleurs, on n’aime pas trop les voir bousculées. Ainsi quand Madame la maire décide de regarder de plus près les dépenses d’essence et découvre que 55 000 litres ne correspondent pas à des missions municipales, cela dérange. De même quand elle met un terme au « self-service » qu’est devenu pour certains l’entrepôt municipal, la satisfaction n’est pas la même pour tous. Et, dans la foulée, l’arrêté interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique entre 6 heures et 20 heures en a dépité plus d’un. En surdouée de la politique, Vanessa Miranville sait très bien que les Possessionais veulent du concret. « On me teste », dit-elle, et elle semble accepter les règles de ce jeu où rien n’est encore gagné.
 

Première participation au Congrès des maires de France 2014 pour Vanessa Miranville, mais probablement pas la dernière.
Première participation au Congrès des maires de France 2014 pour Vanessa Miranville, mais probablement pas la dernière. RFI/Claire Arsenault

Même si les six premiers mois de la gestion de la nouvelle équipe « Possession écologie solidaire » ont connu quelques ratés, après des « ajustements nécessaires », reconnaît Vanessa Miranville, parmi lesquels le remplacement de trois adjoints, elle veut maintenir le cap. C’est-à-dire poursuivre les grands projets en cours : notamment un pôle loisirs et un centre administratif et commercial sans oublier le développement du cirque de Mafate, un site classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 2010… Et pour continuer à prendre le pouls des habitants, la nouvelle équipe, qui se veut pionnière dans la démocratie participative, mise beaucoup sur les 17 comités de quartiers et la maison des associations qu’elle a mis en place. 

Quand on demande à Vanessa Miranville quel terme elle emploierait pour définir son nouveau défi, elle n’hésite pas une seconde : « complexe, c’est une situation complexe », résume-t-elle. Et cela ne risque pas de se simplifier de sitôt avec la perspective d’un déficit de 2 millions d’euros et son corollaire, une hausse probable des impôts locaux. Après des arrêts maladie en rafale, une grève de quelques heures des employés municipaux le 17 novembre, c’est le métier qui rentre pour celle qui ne perd pas de vue ses objectifs environnementaux, économiques et sociaux. 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.