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France

Fin de vie: un rapport qui se veut consensuel

En France, les soins palliatifs ne bénéficient qu'à 20% des malades qui en auraient besoin.
En France, les soins palliatifs ne bénéficient qu'à 20% des malades qui en auraient besoin. AFP/Fred Dufour

François Hollande appuie les propositions d'un droit à une « sédation profonde et continue », et ce en phase terminale, pour des personnes atteintes de maladies incurables, ainsi que la mise en place de directives anticipées contraignantes pour les médecins. Le chef de l'Etat recevait ce vendredi matin les conclusions du rapport sur la fin de vie commandé aux députés Jean Leonetti et Alain Claeys. La question sera débattue à l'Assemblée nationale en janvier prochain.

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Les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) ont remis au président de la République, ce vendredi 12 décembre, un rapport préparant l'élaboration d'une nouvelle loi sur la fin de vie. Un débat aura d'abord lieu à l'Assemblée nationale, sur la base d'un texte élaboré par le gouvernement.

Leur rapport se veut consensuel. Les deux députés mettent au centre les droits des malades à disposer de leurs propres vies. Sans jamais utiliser le mot « euthanasie » , ils proposent d’instaurer un droit à une sédation profonde, c’est-à-dire à un endormissement avant la mort. « Un patient atteint d’une infection grave et incurable qui lui provoque une souffrance réfractaire au traitement pourra ainsi, lorsque son pronostic vital est engagé à court terme, bénéficier d’une sédation profonde et continue jusqu’à son décès. Elle sera associée à l’arrêt des traitements de maintien en vie », détaille ainsi Alain Claeys.

La deuxième avancée qui devrait figurer dans la future loi concerne les volontés que chacun peut rédiger pour sa fin de vie. Le médecin devra s’y conformer. « Les directives anticipées – volonté et non souhait – écrites du patient deviennent contraignantes. J’imagine que certains nous reprocheront d’avoir été trop loin et d’autres pas assez. Ce chemin, nous l’avons fait pour répondre à l’attente formulée de nos concitoyens qui doivent être respectés à la fin de leur vie, à la fois dans leur autonomie et dans leur vulnérabilité », explique pour sa part Jean Leonetti.

Les propositions des deux députés insistent aussi sur l’absolue nécessité de développer les soins palliatifs en France. À l’heure actuelle, seuls 20 % de ceux qui en auraient besoin peuvent en bénéficier. 

On passe du laissez-mourir qui consiste à suspendre l'hydratation et l'alimentation jusqu'à ce que mort s'en suive avec traitement de la douleur à quelque chose qui aujourd'hui consiste à envoyer des sédatifs suffisamment puissants pour qu'en deux ou trois jours la mort intervienne. Donc ce sont des améliorations. Mais on n'a sûrement pas réglé les difficultés qui se posent à la pratique clinique, à l'exercice médical, à l'éthique médical que sont ces demandes de mourir qui ne sont pas fins de vie à proprement parler.

Philippe Bataille, directeur d’études à l’EHESS

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