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Faible mobilisation des taxis parisiens contre Uber

Des taxis parisiens ont mis en place une «opération escargot» à Paris, le 15 décembre 2014, pour protester contre la «concurrence déloyale» du service UberPop.
Des taxis parisiens ont mis en place une «opération escargot» à Paris, le 15 décembre 2014, pour protester contre la «concurrence déloyale» du service UberPop. REUTERS/Charles Platiau

Les taxis ont protesté lundi 15 décembre à Paris contre la décision du tribunal de commerce de Paris de ne pas interdire UberPop, l'offre de covoiturage d'Uber, géant américain des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). Une offre illégalement utilisée à des fins professionnelles. Non soutenu par les principaux syndicats, le mouvement a été peu suivi.

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De nouveau, les taxis crient à la « concurrence déloyale » contre les VTC. Mais cette fois, ils sont en colère contre UberPop, l’offre de covoiturage entre particuliers lancée par le mastodonte californien Uber. Une offre qui a déjà séduit 160 000 utilisateurs et qui s’apprête, aux dépens des taxis, à conquérir de nouvelles parts de marché, grâce à des tarifs imbattables.

Les taxis se sont donc rassemblés ce lundi matin à cinq heures aux aéroports d’Orly et de Charles-de-Gaulle. Ils mènent toute la journée une opération escargot, bloquant les accès à la capitale, à l’appel notamment de Taxis de France, du Collectif des taxis parisiens. Les principaux syndicats, eux, n’ont pas appelé à la grève. « Nous ne voulons pas déranger les gens à l'approche de Noël », a précisé Nourdine Dahmane, membre de l'intersyndicale, qui prévoit toutefois un mouvement en janvier.

Sur le fond, l’intersyndicale est sur la même ligne. L’ensemble des représentants des taxis est contre le fait que le tribunal de commerce n’ait pas interdit UberPop. Tout comme l’ont fait d’autres pays d’Europe : l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne, le Danemark.

Comment le bras de fer a commencé

Vendredi 12 décembre, le tribunal de commerce de Paris demande à UberPop de respecter les réglementations. Il exige qu'Uber retire de son application mobile de réservation toute mention l'autorisant à s'arrêter, stationner ou circuler sur les voies publiques en attente d'un client. C’est-à-dire tout ce qui lui permettrait de marauder, ce qui est réservé aux taxis uniquement.

S’il ne respecte pas cette réglementation, le Californien devra payer une astreinte de 20 000 euros par jour. Une sanction très éloignée de ce que les détracteurs avaient demandé !

Le gouvernement annonce l’interdiction d’Uberpop

Coup de théâtre lundi matin, le gouvernement annonce l'interdiction d'Uberpop le 1er janvier 2015. L’exécutif attend le décret d’application de la loi Thévenoud, qui doit réglementer l’activité des taxis et des VTC d’ici la fin de l’année.

Insuffisant pour certains chauffeurs de taxis. Pour Chamane, gréviste, il faut que cette interdiction soit « immédiate » et « écrite noir sur blanc ».

Ironie du sort, ce sont deux sociétés de VTC, Le Cab et le groupe Transdev, avec le soutien des taxis, qui sont à l’origine de la plainte contre UberPop. Pourtant, on sait combien les taxis sont hostiles aux VTC. Mais contre Uber, ils se serrent les coudes.

Ensemble, ils avaient d’abord saisi le tribunal correctionnel de Paris en octobre 2014. Lequel avait condamné UberPop à 100 000 euros d'amende pour « pratiques commerciales trompeuses ». Mais ils ont fait appel de cette décision. Ils ont demandé l'interdiction d'UberPop et une astreinte de 250 000 euros par jour en cas de non-exécution. La justice ne leur a donc pas donné raison.

UberPop va-t-il continuer son développement ?

Sans interdiction immédiate, UberPop peut continuer sa croissance à Paris, l'un de ses principaux marchés. L'Américain table d'ailleurs sur la création en France de 80 000 emplois pour les VTC et jusqu'à 100 000 pour UberPop.

Et sur ce point, UberPop n’a pas que des ennemis sur le territoire. Pour le Club des entrepreneurs, une organisation très libérale, l’interdiction d’UberPop par le gouvernement est « une atteinte à la liberté d’entreprendre » ou encore « un encouragement au mépris de l’innovation ». Il rappelle qu’UberPop a permis à des gens sans activité de se créer un emploi. Et avec cinq millions de chômeurs en France, le système D opère…

Une rare voix en faveur de ce concurrent redoutable, aux pratiques agressives. Car Uber est dans le collimateur de la justice partout sur la planète. Il vient aujourd’hui de provoquer la colère des Australiens. Il a profité de l’état de siège de la prise d’otages de Sydney, pour exploser ses tarifs. C’est dire, il ne recule devant rien !

Condamné un peu partout, il a les épaules larges et peut résister. Il a reçu récemment près d'un milliard d'euros d'argent frais lors d'une augmentation de capital. Il est désormais valorisé à 32 milliards d'euros.

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