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France

Education prioritaire: la grogne ne faiblit pas

Manifestation à Marseille, le 17 décembre 2014, concernant les réseaux d'éducation prioritaire.
Manifestation à Marseille, le 17 décembre 2014, concernant les réseaux d'éducation prioritaire. AFP/BORIS HORVAT

En marge de la présentation de la nouvelle carte d’éducation prioritaire, ce mercredi, par la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, la mobilisation ne faiblit pas. Les établissements menacés de sortir de ce dispositif d'aide à l'éducation multiplient les actions de protestation. Les professeurs craignent de perdre un soutien qu'ils jugent indispensable à la réussite scolaire de leurs élèves.

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L'éducation prioritaire, c'est donner davantage de moyens aux établissements les plus en difficultés. Le label «REP» (Réseau éducation prioritaire) permet à ces établissements scolaires d'avoir des ressources spécifiques. C'est-à-dire qu'il y a moins de 25 élèves par classe, ce qui est un avantage considérable parce qu'on peut venir en aide aux élèves les plus en difficulté. Ils ne sont donc pas noyés dans une masse de 30 ou 35 élèves.

Etre classé en «REP», c'est aussi permettre un travail en petits groupes, c'est plus de professeurs, plus de CPE (conseiller principal d'éducation) qui secondent le chef d'établissement pour l'organisation de la vie scolaire. Les enseignants reçoivent une prime de 1 200 euros par an, elle sera de 1 700 euros en 2015. Ils peuvent mettre en place des pédagogies innovantes pour relancer l'intérêt d'élèves décrocheurs. Le but de l'éducation prioritaire est de réduire les inégalités sociales : 40% des enfants de cadres sortent du système scolaire avec un bac +5. Chez les ouvriers, ils ne sont que 4%.

Un établissement classé «REP» 

L'Education nationale identifie les établissements concernés avec plusieurs critères : taux de boursiers, part d'élèves défavorisés ou qui vivent dans une zone urbaine sensible. Le classement tient compte aussi des retards accumulés par les élèves à leur entrée en classe de 6e. 

Avec la nouvelle carte de l'éducation prioritaire annoncée aujourd'hui par la ministre de l'Education nationale, 1082 réseaux sont identifiés. Ce qui implique que certains établissements entreront en «REP»  et d'autres en sortiront. Pour être précis, 200 font leur entrée et 200 en sortent. Par exemple à Paris, il n'y aura plus que 29 réseaux en éducation prioritaire, soit trois fois moins qu'avant. 

A Mayotte, tous les collèges entrent dans le dispositif. La réforme de l'éducation prioritaire met fin aux labels «ZEP» ou «Eclair» qui cèdent leur place aux «REP» et même «REP +», Réseaux d'éducation prioritaire renforcés, les «REP+» comprendront 350 établissements parmi les plus difficiles. Ils recevront davantage de moyens.

Des actions de protestation partout en France

La mobilisation est très importante. Au collège Paul Eluard de Montreuil, cela fait quatre semaines que l'établissement est bloqué par les professeurs et les parents d'élèves. Donc les élèves n'ont pas cours depuis près d'un mois. Ce collège, parce qu'il obtient de bons résultats, sort de l'éducation prioritaire. Or, ce que rétorquent les professeurs, c'est que c'est justement parce qu'ils ont eu plus de moyens, que les élèves réussissent. Mais pour le ministère, un établissement classé en «REP» n'a pas vocation à le rester. Un professeur déplore un budget à moyen constant. En d'autres termes, « on déshabille Pierre pour habiller Paul ».

Pour faire passer la pilule plus facilement, la ministre de l'Éducation présente non pas une, mais deux réformes. La seconde réforme est celle de l'allocation des moyens. Jusque-là, dans chaque académie, les dotations étaient attribuées aux établissements en fonction des effectifs et en fonction du lieu géographique, avec un bonus pour les zones rurales où les élèves sont moins nombreux. Désormais, un troisième élément sera pris en compte : la difficulté sociale. Cela permettra, par exemple, à des établissements en difficulté mais ne figurant pas ou plus dans l'éducation prioritaire d'avoir malgré tout des moyens supplémentaires.

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