Accéder au contenu principal
France

Notre-Dame-des-Landes: Valls veut voir décoller le nouvel aéroport

La manifestation a tourné à l'affrontement entre un millier d'opposants radicaux et les forces de l'ordre. Notre-Dame-des-Landes, le 22 février 2014.
La manifestation a tourné à l'affrontement entre un millier d'opposants radicaux et les forces de l'ordre. Notre-Dame-des-Landes, le 22 février 2014. REUTERS/Stephane Mahe

Le Premier ministre Manuel Valls a relancé la polémique concernant le projet d'aéroport à Notre-Dame-de-Landes. Il suggère d'engager sa construction après mi-2015. Avec cette décision, il a pris de court sa propre ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal.

Publicité

Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, était l'invitée de l'émission « C à vous » sur France 5. C'est la présentatrice de l'émission qui, visiblement, lui a appris les intentions du Premier ministre de reprendre le chantier de l'aéroport en 2015. On se souvient des vives confrontations entre forces de l'ordre et opposants sur la ZAD (la zone destinée à l'aéroport et occupée par les opposants) de Notre-Dame-des-Landes. Ces affrontements sont survenus à plusieurs reprises, les plus violents ont eu lieu fin 2012 lors d'une tentative d'évacuation des zadistes du site.

Et on se souvient bien sûr de Sivens, où un jeune opposant au projet du barrage a trouvé la mort, lors de heurts avec les gendarmes. Dans ce contexte, Ségolène Royal a lancé « bon courage » à Manuel Valls. Elle semblait embarrassée et a pris ses distances en disant que « le Premier ministre a le droit de prendre des décisions, je n'ai pas à les commenter, je lui laisse l'entière responsabilité de sa décision».

Valls évoque la reprise des travaux mi-2015

Le chef du gouvernement doit attendre les résultats des procédures judiciaires : les opposants ont déposé toute une série de recours devant la justice qui portent sur plusieurs volets de ce dossier et se dirigent, entre autres, contre les arrêtés préfectoraux sur l'eau et la biodiversité. Le Premier ministre compte sur les décisions de justice au cours du premier semestre de l'an prochain. Mais certains pensent que ces recours pourraient se prolonger bien au-delà. Ainsi, Françoise Verchère, une élue locale opposée au projet, pense que le dernier mot ne sera pas dit mi-2015, compte tenu des appels prévisibles. Elle a averti également le Premier ministre que « ce sera la guerre » dans le bocage nantais si le gouvernement essaie de relancer les travaux avant la fin des recours. Elle a ajouté : « On voit bien que certains veulent provoquer l'irréversible comme à Sivens ».

Projet à l'arrêt, les opposants toujours actifs

Ils viennent de lancer une grande concertation qui porte sur le maintien et l'optimisation de l'aéroport existant de Nantes-Atlantique. Cet « atelier citoyen » a réuni une soixantaine de personnes de tous les horizons : pilotes, ingénieurs, acousticiens, géographes, chefs d’entreprises, usagers, riverains, etc. Depuis le début de ce projet d'aéroport, vieux d'ailleurs de 50 ans (l’idée est lancée en 1965), les opposants ont l'impression de ne pas être écoutés, et que leurs contre-propositions ne sont pas prises en compte. Car ils ne sont pas à leur première contre-expertise. Cela fait des années qu'ils disent qu’au lieu de construire un nouvel aéroport, on pourrait rénover et optimiser l'ancien et que ce dernier ferait très bien l'affaire. Concrètement, ils proposent, entre autres, d'optimiser l'aérogare existant, d'améliorer et éventuellement d'allonger les pistes, de limiter le survol de la ville et d'optimiser les approches aériennes au décollage et à l’atterrissage.

Au-delà de ces actions qui demandent un travail intense sur la durée, l'opposition à ce projet d'aéroport mobilise ponctuellement un nombre importants de citoyens. En février dernier, une manifestation avait réuni à Nantes un nombre record, entre 20 000 et 60 000 personnes selon les sources. Et le sujet est débattu jusque dans les instances européennes. En avril, la Commission européenne a mis en demeure la France. Elle lui a reproché de ne pas avoir étudié l'impact environnemental du projet.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.