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France: toujours plus de SDF et trop peu de places d'accueil

A Paris, deux SDF et leur chien dorment à même le sol (archives).
A Paris, deux SDF et leur chien dorment à même le sol (archives). AFP PHOTO/JACQUES DEMARTHON

La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a publié le 22 décembre son baromètre mensuel de l’hébergement d’urgence. Les chiffres sont alarmants.

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En novembre, plus de 17 000 personnes se trouvant à la rue ont appelé le numéro national d’urgence du Samu social, le fameux 115, qui gère les centres d’accueil pour les sans-abri. Aucune solution n’a été proposée à plus de la moitié d’entre elles bien que l’Etat ait l’obligation légale de le faire. Aujourd’hui, alors que l’hiver s’installe, la situation de ces 9 000 personnes devient dramatique.

Trop de demandes, pas assez de places

Les raisons de cette incapacité du 115 à apporter une aide à des personnes qui cherchent à se mettre à l’abri, ne serait-ce que pour une nuit, sont simples. Les demandes explosent tandis que les places dans les centres d’hébergement ne sont pas suffisantes. En un an, le nombre de ceux qui n’ont obtenu aucune prise en charge a doublé. Le 115 est débordé. A tel point que de très nombreuses personnes ne l’appellent même plus, découragées par les refus successifs. Il faut rappeler que, selon l’Insee, la France compterait aujourd’hui entre 112 000 et 150 000 personnes sans domicile fixe.
A Paris, à Lyon, à Bordeaux, les situations sont critiques.

A Paris, le 115 reçoit en moyenne plus de 5 000 appels par jour, mais n’est en mesure d’offrir actuellement une solution qu’à 700 demandeurs. A Lille, près de 400 personnes sont inscrites chaque jour sur une liste d’attente. Elles sont 500 à Lyon, 100 à Bordeaux.
Cette dégradation généralisée a poussé récemment les 115 des départements de Haute-Garonne et de l’Isère à se mettre en grève symbolique pour quelques heures. « A quoi bon faire fonctionner une plateforme téléphonique si c’est pour refuser l’aide dans 95 cas sur 100, faute de places ? », interrogeaient les salariés de ces centres.

Qui sont les personnes qui sollicitent le 115 ?

Les familles avec enfants sont les plus nombreuses. Elles représentent 46% des personnes qui appellent. Il y a aussi des hommes et des femmes seuls qui se retrouvent dehors à la suite de problèmes financiers ou familiaux, après un licenciement ou une expulsion.

Concernant la nationalité de ces personnes, 33% d’entre elles sont des citoyens français, 9% sont originaires de l’Union Européenne, surtout de Roumanie, de Pologne et de Hongrie. 48% sont des ressortissants d’autres pays, principalement africains. La grande précarité de ces personnes nées à l’étranger est souvent liée à leur parcours d’immigrés. Pour 10%, la nationalité des personnes reste inconnue car aucune information sur ce sujet n’est obligatoire au moment de l’appel.

Face à l’aggravation de la situation, des solutions existent

Selon la Fnars, la première chose à faire est l’ouverture immédiate de toutes les places d’accueil existantes, sans attendre l’arrivée des grands froids. La Fnars demande aussi que tous les appartements disponibles du parc social et privé soient mobilisés pour loger les sans-abri de façon durable. Et enfin, pour éviter la répétition des crises chaque année, elle appelle une nouvelle fois le gouvernement à accélérer la construction de logements sociaux, accessibles aux plus modestes. Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande a promis d’en construire 500 000 par an. En 2014, seuls 100 000 logements de ce type sont sortis de terre.

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