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France / Terrorisme

Après les actes terroristes en France, l’heure du deuil et des questions

Des centaines de milliers de personnes ont défilé en France contre le terrorisme et en hommage aux victimes. Ici à Toulouse, le 10 janvier 2015.
Des centaines de milliers de personnes ont défilé en France contre le terrorisme et en hommage aux victimes. Ici à Toulouse, le 10 janvier 2015. AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Les trois jours de terreur que vient de vivre la France entre attentats et prises d’otages laissent maintenant la place au deuil. Le dénouement sanglant des attaques terroristes à Paris contre Charlie Hebdo et un supermarché cacher ne met cependant pas fin aux menaces. Ayant admis des « failles » dans la sécurité, les autorités françaises devront encore répondre aux interrogations qui se font jour sur la prévention du terrorisme en France.

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Le plan Vigipirate est maintenu à son niveau maximum dans la région parisienne après la série d’attaques les plus tragiques survenues en France depuis un demi-siècle. Une réunion de crise au plus haut niveau s’est tenue à l’Elysée ce samedi, la cinquième depuis l’attaque de Charlie Hebdo le 7 janvier. Autour du président Hollande se trouvaient le Premier ministre Manuel Valls et les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense. 

Donner des explications

A l’issue de la séance de travail, Bernard Cazeneuve, le ministre l’Intérieur, a confirmé le maintien du plan Vigipirate à son niveau le plus élevé en Ile-de-France et à un niveau renforcé partout ailleurs. Cinq cents militaires de plus ont d’ailleurs été déployés ce samedi dans la capitale et dans le quartier d'affaires de la Défense. Dès mercredi, suite à la tuerie dans les locaux du journal Charlie Hebdo qui a fait 12 morts, le dispositif antiterroriste Vigipirate avait été porté à son niveau maximum.

En vue du rassemblement de dimanche où un million de personnes sont attendues, le ministre de l’Intérieur a assuré que « toutes les dispositions avaient été prises pour que cette manifestation puisse se dérouler dans le recueillement, dans le respect et aussi bien entendu dans la sécurité ». Pour cet événement qui s’annonce exceptionnel tant par son ampleur que par la présence, entre les places de la République et de la Nation, de nombreux dirigeants étrangers aux côtés de Françis Hollande, les services de sécurité sont sur les dents.      

Même passé l’épisode sanglant des derniers jours, « la France n’en a pas terminé avec les menaces », ont déclaré François Hollande et Manuel Valls. Bien que la tension soit quelque peu retombée, le traumatisme demeure et avec lui bien des questions émergent sur les capacités des services de renseignement à anticiper de telles attaques.

Les interrogations les plus franches sont apparues aux Etats-Unis. Le Washington Post notamment, postule que les services spécialisés français devront à un moment ou un autre donner des explications. Le quotidien quant à lui se demande comment deux individus, sur les trois identifiés par la police, à savoir les frères Kouachi, ont pu préparer leurs forfaits alors que les liens du plus jeune, Chérif, avec les filières jihadistes étaient connus.

Des « seconds couteaux »

Chérif Kouachi avait d’ailleurs été condamné dans ce cadre en 2008 à trois ans de prison, dont 18 mois fermes. De la même façon s’étonne le Washington Post, son voyage au Yémen en 2011 et possiblement aussi celui de son frère Saïd, semblent avoir échappé autant aux services français qu’aux services américains. Cela dit, les frères Kouachi étaient interdits de vol depuis plusieurs années aux Etats-Unis… Mais, à l’époque, les autorités françaises les considèrent comme des « seconds couteaux ».

On est encore loin des mises en cause, mais poser la question c’est déjà faire la moitié du chemin. A en croire nombre de responsables français, ce n’est tout simplement pas le moment et ce ne le sera peut-être jamais. S’exprimant sur RFI, Céline Berthon, la Secrétaire générale du Syndicat des Commissaires de la Police nationale (SCPN) met en garde : « Il ne faut pas aboutir à vouloir chercher des coupables et se dire cela aurait pu ne pas arriver. On arriverait ainsi à une escroquerie en voulant laisser croire que la lutte contre le terrorisme est une science exacte ».

L’ancien juge antiterroriste et député UMP Alain Marsaud enfonce le clou, toujours sur RFI : « La lutte antiterroriste n’est pas une science exacte, hélas ! Il faut avoir de la détermination bien sûr, mais aussi quelque chose qui s’appelle de la chance. Et là-dessus, nous n’y pouvons rien. Cela dit, nous devons nous poser la question, est-ce que ce sont nos engagements extérieurs qui nous coûtent aujourd’hui les opérations de guerre menées à l’intérieur du pays, s’interroge-t-il.  Nous faisons la guerre à l’extérieur, nous l’avons à l’intérieur » ! 

Pour ce qui est de l’identification en amont d’éventuels terroristes, Céline Berthon insiste pour préciser qu’une « des principales difficultés consiste à faire le tri entre un amateur de la radicalisation, un peu paumé et qui en sortira facilement, et celui qui sera entré dans une pratique beaucoup plus radicale et qui, lui, pourra aller jusqu’à l’acte terroriste ». Quant au Premier ministre Manuel Valls, sa position est plus tranchée : « Quand il y a 17 morts, c'est qu'il y a eu des failles, a-t-il reconnu tout en rappelant les « centaines d'individus qui partent en Syrie et en Irak » où ils sont « formés au terrorisme ». Des paroles qui peuvent laisser augurer des débats intéressants à venir.  

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