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France

Attentats de Paris: Charlie Hebdo, un mois après

Un mois après les attentats à Charlie Hebdo, les enquêteurs se concentrent sur une nébuleuse terroriste.
Un mois après les attentats à Charlie Hebdo, les enquêteurs se concentrent sur une nébuleuse terroriste. REUTERS/Regis Duvignau/Files

Un mois jour pour jour après l'attaque meurtrière du siège de Charlie Hebdo, tandis que les lieux sont devenus un lieu de recueillement, l'enquête sur les attentats de Paris, qui ont fait 17 morts au total, se poursuit. Plus d'une dizaine de personnes ont été interpelées et le réseau soupçonné des trois terroristes semble toujours plus vaste. Quant à l'équipe du journal satirique, décimée par les frères Kouachi, elle se demande comment rebondir sur la base de ses nouvelles finances.

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• Un lieu devenu le symbole de la liberté d'expression

Il y a un mois exactement, un attentat sanglant, mené à la kalachnikov, décimait la rédaction de Charlie Hebdo. Depuis, la petite rue parisienne où se trouvent les locaux du journal satirique est devenue un lieu de mémoire spontané. Fleurs, messages, dessins, bougies, les témoignages d’affection aux victimes, déposés tout près du lieu du massacre, sont toujours aussi nombreux. Et toujours autant de personnes se recueillent sur place.

Andrée et Cédric arrivent de Nantes. Andrée s'exprime avec des sanglots dans la voix : « On n'a pas pu venir à la manifestation du 11-Janvier, explique-t-elle, donc on rend hommage, aujourd'hui et ici, aux dessinateurs qui ont donné leur vie pour la liberté. » « Je connaissais bien Charlie Hebdo, ajoute Cédric. C'était la suite de la révolution, de Voltaire, de l'essence même des valeurs sur lesquelles on peut compter pour vivre ».

La mairie de Paris réfléchit à la création d’un lieu de commémoration plus officiel. La discussion est en cours concernant la forme que prendrait l'endroit. En attendant, Lidia, qui habite du quartier, fait visiter à un ami étranger l’endroit devenu emblématique. Et relate : « Comme je disais à mon ami, il y a encore une atmosphère assez pesante qui règne dans le quartier, parce qu'un drame national s'est passé en bas de chez nous, et je connaissais Charlie Hebdo, ça a touché des générations. Donc oui, ils mériteraient une plaque, mais je pense que ce qui va rester, ce sont surtout leurs dessins. »

• Kouachi, Coulibaly, une enquête sur des filières tentaculaires

Les enquêteurs se concentrent désormais sur une nébuleuse. Les frères Kouachi ont-ils bénéficié d'un réseau pour préparer leur attaque au siège de l'hebdomadaire satirique ? C’est à cette question que tente de répondre l'enquête. Un présumé jihadiste lié à Chérif et Saïd Kouachi a déjà été mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Il a été arrêté en Bulgarie alors qu'il tentait de se rendre en Syrie.

Deux autres proches des frères jihadistes ont aussi été arrêtés en chemin, à la frontière turco-syrienne. Trois autres ont réussi à entrer en Syrie avant les attaques. Parmi eux, la compagne d'Amedy Coulibaly Hayat Boumeddiene, ainsi que les frères Belhoucine. Par ailleurs, dans le réseau d'Amedy Coulibaly, qui a tué cinq personnes entre les 8 et 9 janvier dans la région parisienne, sur une trentaine de gardes à vue, quatre connaissances du complice des frères Kouachi ont été mises en examen.

Aucune de ces personnes n'est accusée de « complicité » dans les attentats à proprement parler. Les quatre hommes sont soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique, en armes notamment, au preneur d'otages du supermarché cacher de la Porte de Vincennes, également meurtrier revendiqué d'une policière municipale à Montrouge.

• Quel avenir pour un hebdo décimé, mais plus fortuné que jamais ?

Que faire des millions ? C’est la question étrange qui se pose désormais à l’équipe de Charlie Hebdo, un mois après la perte d'une partie de ses plumes les plus connues. Tiré à plus de 7 millions d’exemplaires, le numéro spécial, dit « des survivants » et paru une semaine après la fusillade, devrait rapporter plus de 10 millions d'euros si tous les exemplaires sont écoulés.

Mais ce n’est rien, en comparaison des 200 000 nouveaux lecteurs qui, par solidarité, se sont abonnés à l'hebdomadaire. A raison de 70 euros l’abonnement, le journal devrait recueillir environ 14 millions d’euros, et cela sans compter les ventes en kiosque chaque semaine. En tout, en cumulant ventes, abonnements, dons et aide publique, Charlie Hebdo devrait recueillir quelque 30 millions d’euros, du jamais vu pour ce journal qui connaissait des difficultés financières avant l’attentat.

Le montant des dons, plus de 2 millions d’euros, sera intégralement versé aux victimes. Quant aux recettes du journal, ventes et abonnements, elles seront entièrement consacrées à la pérennisation de Charlie Hebdo, a déclaré Eric Porto, co-gérant du journal. Pour l’instant, la rédaction travaille, dans les locaux de Libération, sur le prochain numéro de Charlie, qui paraîtra le 25 février. A quel nombre d’exemplaires faudra-t-il le tirer ? La question reste ouverte.

→ A (ré)écouter :

• Chronique des médias : attentats de Paris, la couverture médiatique un mois après
• Reportage culture : un mois après Charlie Hebdo, la culture et l'autocensure
• Invité de la mi-journée : Gérard Briard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo et Jean-Marie Charon, sociologue

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