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France

Elections départementales: scrutin local mais campagne nationale

Une femme vote lors du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015, en Corse.
Une femme vote lors du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015, en Corse. AFP PHOTO / PASCAL POCHARD-CASABIANCA

Bien que les élections soient départementales, la campagne a pris une envergure nationale. La présidente du Front National Marine Le Pen y voit un tremplin pour l'élection présidentielle de 2017 et Nicolas Sarkozy, patron de l'UMP, parle déjà des prochaines élections régionales. Pour le gouvernement, la relative résistance de la gauche au premier tour est un signe pour maintenir le cap de sa politique actuelle.

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Scrutin local, mais campagne nationale. Et visiblement cela a arrangé tout le monde. Le Front national, d'abord. Marine Le Pen ne s'en cache pas, ces départementales, à ses yeux, sont juste un tremplin pour la présidentielle. Les professions de foi des candidats FN sont à ce titre éloquentes : pas une ligne consacrée aux départements.

A gauche aussi, ce fut une campagne très nationale, au risque de renforcer le vote sanction contre le gouvernement. Le premier ministre Manuel Valls s'est encore dépensé sans compter, tous les jours sur le terrain ou en meeting, en mettant l'accent sur le « danger » Front national, pour tenter de mobiliser l'électorat de gauche. A droite enfin, Nicolas Sarkozy, a choisi de cibler à la fois Manuel Valls et le Front National. L'ex-président et le Premier ministre se sont livrés à un duel ininterrompu par médias et meetings interposés.

Le Premier ministre avait fumé un cigare le soir du premier tour ? « Il pourra fumer la boîte entière dimanche prochain », lui a lancé Nicolas Sarkozy. Réponse de Manuel Valls vendredi matin : « Moi, je n'ai jamais traité personne de con… » - référence au fameux « Casse-toi, pauvre con » lancé par le président Sarkozy en 2008 à un citoyen français au Salon de l'agriculture. Voilà à peu près le niveau du débat politique de cet entre-deux-tours. 

Sans oublier l'obsession de Nicolas Sarkozy pour les repas dans les cantines scolaires. Il est contre les menus de substitutions au porc, et invite les musulmans à mettre leurs enfants dans des écoles confessionnelles. Pas grand monde ne le soutient à l'UMP, mais il continue, dans l'espoir d'endiguer le Front National.

Le FN, au cœur de l'entre-deux-tours

Favori du premier tour, et finalement distancé, le parti de Marine Le Pen a encore été au centre de la campagne d’entre-deux-tours. Mais alors que ces élections consacrent le tripartisme, et que le FN a rassemblé un quart des voix au premier tour, il devrait pourtant remporter moins d'une centaine de cantons, et un ou deux départements. En raison notamment du désistement républicain prôné par les socialistes. Partout où le FN risquait de l'emporter à la faveur des triangulaires, les candidats de gauche se sont retirés et ont appelé à voter pour la droite. La réciproque n’est pas vrai, en raison de la règle du « ni-ni » (ni PS, ni FN) prônée par l’UMP, même si cette règle, ici et là, souffre de quelques exceptions.

Résultat, c’est une lourde défaite qui s’annonce pour la gauche, même si le PS a un peu mieux résisté que prévu au premier tour. La gauche détenait jusqu'ici 61 départements ; elle pourrait en perdre une vingtaine, une trentaine... En conserver au moins 20, selon les prévisions des experts électoraux socialistes. Tout dépendra, notamment, du taux de participation, et de la mobilisation des électeurs de gauche. Pour quelques départements, qui risquent d'être privés de majorité claire dimanche soir, il faudra attendre le troisième tour, jeudi 2 avril, et l'élection des présidents des conseils départementaux.

Le gouvernement maintient le cap

Le PS a fait une campagne nationale, mais ne veut pas tirer de conséquences nationales. François Hollande et le gouvernement n'ont cessé d'envoyer des signaux univoques : on ne changera pas de politique. Selon l'hebdomadaire Marianne, le chef de l'Etat aurait même vu, dans les résultats du premier tour, moins désastreux que prévu, « une sorte d'encouragement à continuer ». La même politique, avec le même Premier ministre.

Même si la défaite risque d'être aussi lourde qu’aux municipales, il y a un an, Manuel Valls restera à Matignon. Le Premier ministre a juste annoncé ce vendredi le départ en juin de la secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Artisanat, Carole Delga, qui sera candidate aux régionales de décembre. Un simple remaniement technique, repoussé après le congrès du Parti socialiste début juin ? 

François Hollande souhaite pourtant renforcer la majorité, en nommant au gouvernement quelques écologistes et quelques frondeurs socialistes. Le rassemblement de la gauche est à l’œuvre, à un paradoxe près : jamais dans cette campagne Manuel Valls n’a donné un seul gage aux déçus de sa politique.

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