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France

Libération des camps de concentration: François Hollande au Struthof

Le camp de concentration de Natzweiler-Struthof était doté d'une chambre à gaz et d'un four crématoire pour faire disparaître définitivement les corps des «Nacht und Nebel».
Le camp de concentration de Natzweiler-Struthof était doté d'une chambre à gaz et d'un four crématoire pour faire disparaître définitivement les corps des «Nacht und Nebel». REUTERS/Patrick Hertzog

François Hollande était en Alsace ce dimanche 26 avril, pour célébrer la Journée nationale de la déportation et le 70 ème anniversaire de la libération des camps. Le président s'est rendu au camp de concentration du Struthof, près de Schirmeck, à une cinquantaine de km à l'ouest de Strasbourg. 52 000 personnes, des hommes pour l'essentiel, venus de 30 pays d'Europe, ont été internés dans ce camp nazi et 22 000 y sont morts.

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Seul camp de concentration sur le territoire français, le Struthof est toujours mal connu hors d'Alsace. Pour l'explorer, François Hollande a pris son temps. Le président français a visité les installations du camp, la chambre à gaz, les baraquements et le four crématoire. Il a aussi rencontré d'anciens déportés, avant de lancer un vibrant appel à la paix et à la dignité. « Le pire peut encore se produire » a rappelé le chef de l'Etat dans son allocution. « L'antisémitisme et le racisme sont encore là et donc nous devons à travers cette cérémonie du Struthof agir pour protéger ceux qui peuvent en être encore aujourd'hui les victimes », a ajouté François Hollande qui était accompagné des présidents du Parlement européen et de la Commission européenne, Martin Schultz et Donald Tusk.

C'est la première fois qu'un chef d'Etat visite la chambre à gaz, la seule construite de ce côté-ci du Rhin. Frédérique Neau-Dufour, la directrice du camp, l'accompagnait sur le site. « Ce n’est jamais facile d’assumer dans son histoire un camp de concentration. Il y a quand même plus noble comme symbole ! Mais néanmoins, pour les citoyens que nous sommes et pour les futurs citoyens, c’est important de venir sur ces lieux pour comprendre ce qui s’est passé et surtout comprendre comment on en arrive là : ça va beaucoup plus vite que l’on ne croit et il ne faut pas grand-chose pour que l’histoire dérape…» explique Frédérique Neau-Dufour.

Robert Salomon, ici entouré de proches, a participé aux cérémonies de commémoration de la libération des camps de concentration dimanche 26 avril. Agé de 90 ans, il est l'un des rescapés du Struthof.
Robert Salomon, ici entouré de proches, a participé aux cérémonies de commémoration de la libération des camps de concentration dimanche 26 avril. Agé de 90 ans, il est l'un des rescapés du Struthof.

Pour l’Alsacien René Baumann, l'histoire a dérapé fin 1943, quand son groupe de résistants a été dénoncé. Etiqueté N-N, « Nacht und Nebel », « Nuit et brouillard », il était condamné à s'effacer petit à petit. « Lorsque j’ai été pris, deux copains qui étaient avec moi et n’ont pas été capturés ont dit que j’avais été fusillé. Du fait que j’ai été condamné NN, c’était fini, personne ne savait plus rien » raconte l'ancien déporté. A son retour des camps, après avoir connu le Struthof, Dachau et Mathausen, cet Alsacien s'est heurté à l'incrédulité de ses contemporains. Il a attendu des années avant de témoigner.

→ à (re)lire : Un documentaire sur un crime nazi méconnu primé à Waterloo : Au nom de la race et de la science, Strasbourg 1941-1944, réalisé par Sonia Rolley, Axel et Trancrède Ramonet

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