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France

Réforme du collège en France: la droite n'abdique pas

La ministre française de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem et le Premier ministre Manuel Valls, le 19 mai dernier à l'Assemblée nationale.
La ministre française de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem et le Premier ministre Manuel Valls, le 19 mai dernier à l'Assemblée nationale. REUTERS/Charles Platiau

La décision du gouvernement de publier mercredi 20 mai le décret et l'arrêté portant sur la réforme du collège a mis le feu aux poudres. Les syndicats d'enseignants menacent de nouvelles grèves. Le centriste François Bayrou appelle à « une manifestation nationale ». L'opposition de droite ne décolère pas contre « le passage en force » du gouvernement. Principale cible : le Premier ministre Manuel Valls.

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« Provocation », « mépris », « brutalité », la droite n'a pas de mots assez durs pour dénoncer le « passage en force » du gouvernement sur la réforme du collège. Cible numéro 1 : le Premier ministre Manuel Valls. Pour le député UMP Daniel Fasquelle, interrogé par RFI à l'Assemblée nationale, la publication du décret de la réforme au Journal officiel « est le signe tangible d'un Premier ministre qui est aujourd'hui en très grande difficulté, en situation d'échec ». « Quand vous savez que les réformes que vous engagez ne permettront pas à la France d'aller mieux, dit-il, vous réagissez de façon autoritaire, vous vous crispez. »

Accélération du gouvernement : Vallaud-Belkacem assume

Dans un entretien accordé au journal Le Figaro ce jeudi 21 mai, le patron de l'UMP Nicolas Sarkozy enfonce le clou : « Il est inadmissible que la représentation nationale n'ait pas son mot à dire sur un sujet aussi central, qui concerne tous les Français, l'école, au prétexte qu'il s'agirait d'un décret. Le lendemain du jour où la ministre de l'Education nationale a dit que sa porte était ouverte, le Premier ministre la referme avec une brutalité inouïe en faisant publier ce décret dans la nuit. Le mépris dont François Hollande et Manuel Valls ont choisi d'user contre tous ceux qui contestent leur action est incroyable. »

Le patron des députés PS, Bruno Le Roux, réfute néanmoins tout acte d'autoritarisme. Et de vanter à notre micro les mérites d'une réforme prise selon lui « dans la plus grande concertation ». La publication du décret, « c'est un acte de détermination, plaide-t-il. Il n'y a pas d'autorité, il y a eu des discussions, il y a eu une réforme qui a été posée, qui continue d'être expliquée avec un dialogue qui est maintenu. Mais il y a une détermination du gouvernement pour faire en sorte que l'éducation soit la priorité nationale. » C'est en substance la ligne défendue par la ministre de l'Education elle-même. Mardi, sur France Info, Najat Vallaud-Belkacem avait assumé : « Il faut maintenant passer à l'étape suivante, à savoir les textes d'application qui vont permettre de répondre aux inquiétudes. »

Débat très attendu entre Vallaud-Belkacem et Le Maire

La droite demande désormais « l'abrogation » du décret réformant le collège, mais hésite à rejoindre la « manifestation nationale » réclamée par le centriste François Bayrou, qui prédit que l'accélération de l'exécutif « va faire flamber l'indignation et la contestation ». Cette manifestation appelée de ses vœux par l'ancien ministre de l'Education nationale (1993-1997), le député socialiste Malek Boutih n'y croit cependant pas, c'est un euphémisme. « On ne passe pas tout à coup des cénacles du pouvoir à une capacité à faire basculer les Français dans la rue, raille-t-il. Evidemment qu'il n'y aura personne ! Si, peut-être à Pau ; admettons qu'il peut y avoir une manifestation d'employés municipaux à Pau (siège de François Bayrou, NDLR), c'est une probabilité. »

Dans un tel contexte, le débat prévu ce jeudi soir entre Najat Vallaud-Belkacem et Bruno Le Maire (iTélé-Europe 1-Le Monde), ancien candidat à la présidence de l'UMP et qui s'est positionné à la pointe du mouvement de contestation contre la réforme, s'annonce explosif. « Le passage en force du gouvernement est une provocation qui marque le mépris de Manuel Valls pour le débat, les enseignants, les familles et l'opposition. Derrière cette précipitation, il y a un enjeu politique évident qui est le congrès du Parti socialiste. Le Premier ministre ne veut voir aucune tête dépasser. Je vais continuer le combat contre cette réforme du collège », annonce le député de l'Eure au Figaro.

À la Une de la revue de presse française ce jeudi : le collège sera bien réformé

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