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France / Islande

Climat: visite solennelle de Hollande au pied d'un glacier islandais

François Hollande était invité vendredi par son homologue islandais à venir constater les conséquences du réchauffement climatique, au pied du glacier Solheimajökull.
François Hollande était invité vendredi par son homologue islandais à venir constater les conséquences du réchauffement climatique, au pied du glacier Solheimajökull. REUTERS/Thibault Camus/Pool

Le président français François Hollande était vendredi 16 octobre au pied du glacier islandais Solheimajökull pour constater les effets du réchauffement climatique. Ce voyage en Islande était, pour le chef de l'Etat, un moyen d'envoyer un nouveau signal à un mois et demi de la Conférence climatique à Paris (COP21).

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De notre envoyé spécial au glacier islandais Solheimajökull ,  Quentin Dickinson

A plus de deux heures de route de Reykjavik, la capitale, Solheimajökull est l'un des sites où le retrait des glaciers d'Islande, pays arctique, est à la fois le plus visible et le mieux documenté. Entre 1931 et 2011, cette langue glaciaire de 15 km a reculé de 1,2 kilomètre. Le glacier se rétrécit chaque année de 50 mètres et perd un mètre en épaisseur.

La glaciologue et hydrologue, Christelle Marlin, ne comprend pas qu’on ne s’en alarme pas davantage : « Bien sûr qu’il y a à s’inquiéter, parce que c’est un peu le témoin avancé du réchauffement climatique. Il y a en aval, bien sûr, bien d’autres processus qui sont un petit peu moins visuels », explique-t-elle.

La fonte des glaces rend le continent blanc plus accessible et les pays jouent des coudes pour s’en arroger, avec les eaux qui les entourent. L'ancien Premier ministre Michel Rocard est l’ambassadeur de France pour l'Arctique et l’Antarctique. Il relate : « Dans moins de cinq ou six ans, on va avoir la nouvelle délimitation des Zones économiques exclusives des grands riverains. Ils ont tous envie d’avoir un peu plus de terrain sur lequel leur autorité peut jouer et leur propriété de ce qu’il y a en dessous peut jouer : propriété de gaz, de pétrole ou de minerais. »

Ordonnateur de la COP21, Nicolas Hulot, envoyé spécial du président Hollande pour le climat, est bien plus réservé : « Ça suscite évidemment des convoitises, alors que chacun sait que si l’on veut se donner la moindre chance de contenir les changements climatiques à 2°C, au-delà duquel on rentre dans un phénomène irréversible, il faut laisser sous terre 70 % des énergies fossiles que nous avons encore facilement accessibles. »

Au cours de cette visite, le président français s'est avancé seul, en manteau sombre et chaussures de ville, vers le pied du glacier qui ressemble aujourd'hui davantage à une crevasse. Devant les caméras et photographes, l'instant se voulait solennel. François Hollande a dit craindre « la disparition de l'Histoire » en constatant au pied du glacier Solheimajökull sa fonte inexorable. Avec sa ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, et Nicolas Hulot, le chef de l'Etat français voulait envoyer un message fort.

Nous ne sommes en effet plus qu'à quelques semaines de la Conférence de l'ONU sur le climat, dont l'objectif est d'obtenir un accord universel visant à limiter le  réchauffement. « J’ai demandé que puissent être adressées à la France, pays organisateur, les contributions que chaque pays devait présenter pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc limiter le réchauffement de la planète. Nous avons reçu 150 contributions sur à peu près 190 pays membres. Nous sommes donc tout près », a déclaré le président français, prenant dans ses mains un pain de glace qui s'était détaché de la calotte.

« Beaucoup de pays, maintenant, sont engagés. Et puis, il y a les paroles des chefs d’Etat et de gouvernement. Certains disent que ça ne suffit pas, les paroles, mais il faut d’abord qu’elles soient prononcées. D’autres mettent en cause le caractère souvent nouveau de ces déclarations, de ces prises de conscience (...) Ce sont des convictions qui sont apparues peut-être récemment, mais qui sont fortes aujourd’hui », a ajouté M. Hollande.

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