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France / Migrants

La «Linière» à Grande-Synthe: premier véritable camp de réfugiés en France

Près de 400 personnes ont commencé à s'installer, ce lundi 7 mars 2016, dans les nouveaux cabanons en bois du camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France
Près de 400 personnes ont commencé à s'installer, ce lundi 7 mars 2016, dans les nouveaux cabanons en bois du camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France REUTERS/Pascal Rossignol

En France, deux villes sont devenues emblématiques de la crise migratoire : il y a Calais, où 7 000 personnes vivent actuellement dans un vaste camp peu structuré, et Grande-Synthe. Depuis l'été dernier, cette ville, située à 40 kilomètres au nord de Calais, a vu se développer un camp sauvage. En décembre, 2 900 personnes s'y étaient installées, dans des conditions d'hygiène pires que celles de Calais. Aujourd'hui, si la population du camp est retombée (il n'y aurait plus qu'un millier de personnes), la municipalité, avec le soutien de l'organisation Médecins sans frontières, a décidé d'ouvrir un camp plus structuré. Les migrants pourront y être accueillis à compter de ce lundi 7 mars.

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C'est le premier véritable camp de réfugiés installé en France: le camp de la Linière à Grande-Synthe, dans le nord du pays, a ouvert ce lundi 7 mars. Issue de la volonté de la mairie et de l'ONG Médecins sans frontières d'offrir des conditions de vie décente aux migrants, cette installation doit accueillir le millier de personnes qui vivaient jusque-là sur un terrain vague insalubre.

Avec des abris en bois, de véritables sanitaires et des installations communes, le camp de Spyker va donc subir un changement radical. « C’est vraiment une décharge à ciel ouvert. Ça n’est plus des flaques d’eau, mais plutôt des piscines. Ce sont des terres inondables, ça n’est pas du tout pour accueillir des personnes », estime Angélique Muller de Médecins sans frontières, l'ONG chargée de la construction de ce camp.

Actuellement, un millier de personnes vivent dans le camp sauvage. Mais à terme, la capacité sera de 2 500 places. Et pour venir en aide à ces migrants, les bonnes volontés ne manquent pas. Avec son association Utopia 56, Yann Manzi est chargé de coordonner l'action de tous ces intervenants, venus d’une centaine d'organisations du monde entier. « C’est beau, il y a des Anglais, des Suisses, des Québécois, des Italiens, des Belges etc. c’est un truc de dingue, se réjouit-il. Maintenant, c’est à nous d’organiser et de coordonner tout ça. »

Bras de fer entre la mairie et la préfecture du Nord

Le déménagement, entamé ce lundi, doit durer jusqu'à mercredi. Jusqu’ici, près de 400 migrants se sont installés dans ces cabanons chauffés, ne prenant avec eux que leurs effets personnels: couvertures, matelas et tentes devaient rester dans l'ancien camp.

Les services municipaux se félicitent que ce déménagement ait débuté dans le calme. La seule opposition qu'ils ont rencontrée est finalement venue de l'Etat. Le préfet du département a, dans la matinée, demandé aux policiers de ne pas autoriser les départs de l'ancien camp Basroch. Cause invoquée: l'inspection de sécurité n'avait pas eu lieu. La commission chargée de cette évaluation, présidée par le maire, s'est alors rendue sur place. Dans l'après-midi, l'édile a déclaré les installations conformes aux conditions requises malgré un avis défavorable des représentants des pompiers et des policiers. « On peut toujours trouver une faille quelque part, s'est justifié Damien Carême, le maire de la ville, très remonté contre l’Etat. Je ne pensais pas qu'ils iraient aussi loin pour me mettre des bâtons dans les roues. »

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