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France

France: la pression monte sur le cardinal Barbarin

Le cardinal Philippe Barbarin mardi 15 mars à la Conférence des évêques de France, à Lourdes, où il s'est défendu d'avoir couvert des actes de pédophilie.
Le cardinal Philippe Barbarin mardi 15 mars à la Conférence des évêques de France, à Lourdes, où il s'est défendu d'avoir couvert des actes de pédophilie. ERIC CABANIS / AFP

En France, Manuel Valls demande au cardinal Barbarin de «prendre ses responsabilités». Le Premier ministre s'exprimait ce mardi 15 mars sur RMC. Il a demandé à l'archevêque de Lyon «d'entendre la douleur» des victimes de pédophilie. Monseigneur Barbarin et son diocèse sont accusés d'avoir tu les agissements passés de prêtres pédophiles. Une seconde plainte visant directement le cardinal Barbarin a été déposée au moment où s'ouvre l'assemblée plénière des évêques de France. De son côté, le Vatican estime qu'il est «opportun d'attendre le résultat» de l'enquête.

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Le cardinal Barbarin est arrivé à Lourdes en retard, ce mardi 15 mars. Il n'avait pas encore pris place dans l'hémicycle lorsque le président de la conférence épiscopale a pris la parole : « Les évêques de France ont une responsabilité, a déclaré Monseigneur Pontier. Faire la vérité pour les victimes ». Une conférence de presse a été convoquée en urgence, ce mardi 15 mars, à Lourdes.

Une seconde plainte est en effet venue s'ajouter au dossier qui secoue le diocèse de Lyon depuis quelques semaines. Déjà accusé de n'avoir pas dénoncé les agissements pédophiles du père Bernard Preynat, le cardinal Barbarin est visé une seconde fois pour « mise en danger de la vie d'autrui »,  et cette fois pour « provocation au suicide ». Cette nouvelle plainte fait suite à une première procédure classée sans suite en 2009 et qui concerne un prêtre toujours en activité dans le diocèse de Lyon.

Dans un communiqué publié lundi 14 mars, le cardinal Barbarin assure n'avoir « ni mis en danger la vie d'autrui, ni encouragé quiconque à se suicider » et demande que « chacun laisse la justice enquêter dans la sérénité ». Il a réitéré sa position en conférence de presse cet après-midi : jamais il n'a couvert le moindre acte pédophile. Et l'archevêque de Lyon d'expliquer que, lorsqu'il a appris ce qui était reproché au père Preynat, les faits étaient déjà très anciens. « Y a-t-il prescription ou pas ? Prescription juridique peut-être, le droit va le dire. La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits et certains peut-être pas, c'est la justice qui se prononcera», a déclaré le cardinal.

Des faits prescrits « grâce à Dieu » : l'archevêque de Lyon est prié de s'expliquer sur cette étrange formulation. « Oui, oui, je comprends, c'est une erreur de langage je le reconnais volontiers. »

Mais pour les victimes des prêtres pédophiles, l'expression est tout simplement révélatrice de l'état d'esprit de l'Eglise catholique française. « Ca, je peux vous dire que c'est très, très blessant. Nous sommes une soixantaine à nous être reconnus comme victimes du père Preynat. Il n'y a que quatre personnes qui ont pu porter plainte pour que l'affaire soit instruite, et nous voila donc avec 56 laissés pour compte, sans possibilité d'obtenir justice. C'est tout le problème aussi, c'est qu'on se sent pas forcément écouter avec bienveillance et empathie », confie Bertrand Virieux, membre de l'association Parole libérée.

Le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, estime qu'il est opportun d'attendre le résultat de l'enquête et qu'il fallait « manifester estime et respect envers le cardinal Barbarin », « eu égard à son sens de la responsabilité ».

Le Premier ministre me demande de prendre mes responsabilités et je lui promets que je les prends

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