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France

Comment les candidats de La République en marche ont-ils été désignés?

Réunion de la commission nationale d'investiture du mouvement En Marche! en février 2017. Au centre, son président, Jean-Paul Delevoye.
Réunion de la commission nationale d'investiture du mouvement En Marche! en février 2017. Au centre, son président, Jean-Paul Delevoye. THOMAS SAMSON / AFP

La République en marche a dévoilé ce jeudi 11 mai les noms de ses 428 premiers candidats investis pour les législatives. Voilà deux mois que la commission nationale d’investiture (CNI) du mouvement d’Emmanuel Macron travaille sur le sujet. Et il ne manquait pas de volontaires.

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La commission nationale d’investiture a reçu plus de 15 000 dossiers pour 577 places à l’Assemblée nationale. Ce jeudi après-midi, le secrétaire général de La République en marche Richard a dévoilé les noms des 428 premiers candidats investis pour les législatives. Premier constat : pour le moment, les principes de parité hommes-femmes et de nouvelles têtes ont bien été respectés. Sur les 428 noms, 214 sont des femmes et 52 % sont issus de la société civile.

En Marche!, rebaptisé depuis La République en marche, a créé un véritable appel d’air en politique. Le mouvement a suscité des vocations chez des personnes qui n’avaient jamais mis le pied dans l’arène électorale. La CNI ne doit surtout pas apparaitre comme un appareil de recyclage des députés inquiets de perdre leur circonscription, a fait savoir son président, l’ancien ministre UMP de la Fonction publique, Jean Paul Delevoye.

Entretien d’embauche

La commission nationale d’investiture s’est réunie deux fois par semaine, depuis plus deux mois. Des réunions menées à huis clos sur le même modèle : 14 personnes, dont d’anciens responsables politiques et des personnes venues du monde de l’entreprise, ont dû procéder à une sélection à partir d’épais dossiers venant des régions. Ces dossiers contenaient les CV, les lettres de motivation des candidats. On y trouvait aussi des fiches de renseignements sur les candidats qui devaient tous présenter un casier judiciaire vierge. Cela s’est passé un peu comme un entretien d’embauche, en partant du bas de l’échelle, à savoir des comités locaux d’En Marche!.

Même les figures connues, comme l’ancien Premier ministre Manuel Valls, ont dû se plier au jeu. « La règle a été la même pour tout le monde, explique Pierre Vaschalde, animateur du comité En Marche! de la Croix-Rousse à Lyon. Les candidats se sont inscrits sur internet via des formulaires électroniques. A l’échelle de notre comité, nous avons sept dossiers de candidatures, quatre femmes et trois hommes. Nous avons des ingénieurs, des entrepreneurs, des personnes qui travaillent dans l’administration publique ou encore des enseignants. »

Sélection et coaching

Les candidats ont dû ensuite répondre à des questions générales, mais aussi des questions plus personnelles : avez-vous déjà eu un mandat électif ? Combien de temps pouvez-vous consacrer à la campagne ? Quelles sont les raisons qui vous amènent à déposer votre candidature ?

On leur fournit de quoi se former à la campagne, sachant qu’une moitié d’entre eux n’a jamais fait de politique. Sur le site intranet d’En Marche!, les candidats trouvent un guide écrit pour faire campagne, ainsi que des vidéos d’anciens élus qui donnent les ficelles du métier, leurs conseils pour s’adresser aux électeurs.

Il s’agit là une mini révolution. Car si les structures d’En Marche! répondent au statut traditionnel des partis politiques, le mode d’investiture et la règle des « 50/50 » porte un coup à la politique comme carrière. L’objectif est d’insuffler une dose de société civile dans les rangs de l’Assemblée, même si de nombreux députés aujourd’hui ont aussi eu un métier avant de se lancer en politique.

Risque de déception

La publication de la liste des investitures risque de faire des déçus. Car le nombre de places dans l’Hémicycle n’est pas extensible. Les comités locaux d’En Marche! ont pu craindre que la politique politicienne reprenne ses droits et que les poids lourds de la politique traditionnelle n’imposent leurs candidats. C’est le cas notamment à Lyon où le maire PS Gérard Collomb a été parmi les tout premiers à rejoindre Emmanuel Macron.

« Il y a une vraie inquiétude chez les militants de base, expliquait Pierre Vaschalde. Aucun candidat que nous avons présenté n’a reçu de coup de file de la commission d’investiture. Je crois que la règle du 50/50 sera respectée sur le plan national, mais il faut aussi qu’elle s’applique au niveau de notre métropole. Les militants seraient très déçus que les promesses ne soient pas tenues, et je ne vous cache pas qu’à Lyon nous observerons la liste avec attention. » En cas de désaccord sur le nom proposé dans leur circonscription, certains comités locaux de La République en marche prévoient de faire campagne pour un candidat d’une autre circonscription de telle manière à ne pas casser le mouvement.

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