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France

Projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes: le gouvernement jette l'éponge

Le chef du gouvernement français Edouard Philippe (à gauche) et le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot, lors de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier 2018.
Le chef du gouvernement français Edouard Philippe (à gauche) et le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot, lors de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier 2018. REUTERS/Charles Platiau

C'est l'épilogue d'un dossier vieux de plusieurs années et devenu très polémique. A l'issue du Conseil des ministres ce mercredi 17 janvier au matin, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé officiellement l'abandon du projet de construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, au profit d'un réaménagement et d'une extension de l'aéroport existant de Nantes Atlantique.

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Le projet de construction d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes « sera abandonné » car les « conditions » de sa mise en œuvre « ne sont pas réunies », a confirmé Edouard Philippe ce mercredi.

Le Premier ministre a par ailleurs assuré que l’actuel aéroport de Nantes Atlantique serait « modernisé ». « Dans un premier temps l’aérogare de Nantes Atlantique sera modernisée », « en parallèle la procédure pour l’allongement de la piste sera engagée, elle permettra de réduire les nuisances sonores à Nantes », a-t-il ajouté.

200 à 300 opposants occupent toujours la ZAD

Le chef du gouvernement a précisé que « les terres » sur lesquelles le projet devait être édifié ne seront pas gardées par l’Etat. Edouard Philippe a donné jusqu’au « printemps » aux occupants pour évacuer « d’eux-mêmes » la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, faute de quoi ils « en seront expulsés ». Les 200 à 300 opposants sont d'accord pour dégager les routes qui traversent la zone occupée. Mais certains ne veulent pas partir et pourraient vouloir laisser pourrir la situation. Sans compter le risque de violences en cas d'intervention des forces de l'ordre.

Les occupants illégaux de ces terres devront partir d'eux-mêmes d'ici le printemps prochain ou en seront expulsés.

Edouard Philippe, Premier ministre français

Matignon a informé des élus locaux peu avant la déclaration d’Edouard Philippe. « C’est officiel. C’est abandonné », a déclaré à l’Agence France-Presse le président du Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, également président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet.

C'est au fond une remise en cause de l'esprit même de la décentralisation.

Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest

« C’est une immense joie pour tous ceux qui ont lutté contre le projet. Je pense aux anciens de la lutte qui sont partis », s’est pour sa part réjoui Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, principale association d’opposants. L’eurodéputé écologiste Yannick Jadot a lui salué « une décision responsable après un processus de médiation exemplaire ».

Cela fait 10 ans pour certains d’entre nous que c'est quelque chose d'absolument central dans notre vie, oui la joie domine, c'est une journée historique.

[Reportage] Journée de victoire pour les zadistes de Notre-Dame-des-Landes

Si l’on se fie au rapport rendu le mois dernier par les trois médiateurs, c’est la solution la moins chère qui a été choisie. Réaménager Nantes-Atlantique – l’aéroport existant – coûterait entre 365 et 460 millions d’euros. Alors que pour construire Notre-Dame-des-Landes, il aurait fallu débloquer 730 millions, soit à peu près le double.

Edouard Philippe face aux critiques

Dans ce dossier, Edouard Philippe a été en première ligne. C'est lui qui a mené les consultations avec les élus locaux, lui qui s'est rendu sur place le week-end dernier. Emmanuel Macron lui laisse prendre la lumière et les coups qui vont avec. Le Premier ministre en a encaissé dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Les critiques viennent de tous les côtés mais les réactions les plus dures sont venues des Républicains. Le sénateur LR de Vendée Bruno Retailleau dénonce la « grande victoire des zadistes ». Plus généralement, les élus pro-aéroport voient dans cette décision un « déni de démocratie ».

Il n'y a pas de vainqueurs et de vaincus, il y a un choix qu'il fallait faire pour se projeter vers l'avenir.

François De Rugy, président de l'Assemblée nationale et député de Loire-Atlantique

Le président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique a condamné « une très très mauvaise décision » d’Emmanuel Macron. « C’est la première fois qu’il fait un reniement de sa parole car il avait dit qu’il ferait l’aéroport », a-t-il dénoncé. La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a elle fustigé une « trahison ».

Indemnisation

Au-delà de la bataille politique, l'exécutif a d'autres obstacles devant lui. Il va maintenant falloir indemniser Vinci. Le groupe de BTP qui avait signé le contrat de concession avec l’Etat pour Notre-Dame-des-Landes. D’après un médiateur, Vinci peut espérer jusqu’à 350 millions d’euros. Mais le chiffre pourrait être revu à la baisse, car il faut savoir que Vinci exploite déjà l’aéroport de Nantes Atlantique et ne sort donc pas complètement perdant de cette décision.

Il y a également des conséquences économiques encore moins prévisibles. L’idée d’un nouvel aéroport, au-delà de l’augmentation du nombre de passagers, était de mieux connecter cette région du Grand-Ouest, un peu excentrée, du reste de l’Union européenne.

Les entreprises bretonnes y étaient plutôt favorables. En Vendée, plus au sud, c’est tout le contraire. L’aéroport qui va être agrandi est bien plus proche. Philippe de Villiers, fondateur du parc d’attractions du Puy du Fou, sera certainement ravi de ce choix qui n’a pas fini de faire parler.

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