Accéder au contenu principal
France

Des milliers de personnes marchent contre l'antisémitisme à Paris

Plusieurs milliers de personnes ont parcouru quelques centaines de mètres ce mercredi 28 mars pour rallier l'immeuble de Mme Knoll, dans le XIe arrondissement.
Plusieurs milliers de personnes ont parcouru quelques centaines de mètres ce mercredi 28 mars pour rallier l'immeuble de Mme Knoll, dans le XIe arrondissement. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Des milliers de personnes, dont de nombreux politiques, ont défilé ce mercredi en mémoire de l'octogénaire juive tuée à Paris, un moment de recueillement terni par des incidents liés à la venue de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. A la mi-journée, Emmanuel Macron avait assisté au cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine) aux obsèques religieuses de Mireille Knoll, 85 ans, dont le meurtre vendredi dernier a ravivé les inquiétudes sur l'antisémitisme en France.

Publicité

Elle a été « assassinée parce qu'elle était juive », victime du même « obscurantisme barbare » que le colonel Arnaud Beltrame, tué le même jour par un jihadiste dans l'Aude, avait déclaré le chef de l'Etat plus tôt dans la journée, lors de l'hommage national rendu au gendarme aux Invalides.

A Paris, des milliers de personnes, guidées par des représentants de la société civile, roses blanches en main, suivis d'élus ceints de leurs écharpes tricolores, se sont ébranlées en silence vers 19H00. Parti de la place de la Nation, le cortège a parcouru quelques centaines de mètres pour rallier l'immeuble de Mme Knoll, dans le XIe arrondissement.

« La France contre l'antisémitisme », proclamait la banderole en tête de la marche. Dans le carré de tête de la marche parisienne, organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), plusieurs ministres avaient pris place, notamment Gérard Collomb (Intérieur) et Jean-Michel Blanquer (Education). Le délégué général de LREM Christophe Castaner, le président des Républicains Laurent Wauquiez, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher ou la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo étaient aussi sur place, tout comme les chanteurs Enrico Macias et Patrick Bruel ou l'écrivain Marek Halter. « Lorsqu'il s'agit de lutter contre l'obscurantisme ou contre l'antisémitisme ou contre le fanatisme, tout ce qui rassemble grandit », avait déclaré le Premier ministre Édouard Philippe dans l'après-midi à l'Assemblée nationale.

«Le Crif fait de la politique et moi, j'ouvre mon coeur»
   

Au début de la marche, l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, et de la présidente du Front national Marine Le Pen, dont les venues n'étaient pas souhaitées par le Crif au nom du rejet des « extrêmes », a suscité invectives et bousculades, au point que les deux responsables ont dû quitter le cortège. Des représentants de LFI et du FN se sont fait copieusement siffler par plusieurs dizaines de jeunes. « Nous sommes à notre place », a réagi Marine Le Pen, regagnant plus tard la queue du cortège. Jean-Luc Mélenchon, lui, a qualifié d'« épiphénomène » la réaction de « 40 énergumènes ».

Dans cette polémique, un des fils de la victime, Daniel Knoll, avait appelé « tout le monde sans exception » à participer à la marche, ajoutant: « Le Crif fait de la politique et moi, j'ouvre mon coeur ».

Deux hommes, dont un voisin familier de Mme Knoll, ont été mis en examen et écroués mardi pour homicide volontaire à caractère antisémite après la découverte du corps de l'octogénaire, retrouvé lardé de onze coups de couteau et en partie carbonisé dans son modeste appartement. Les policiers privilégient la piste d'un vol ayant ciblé vendredi la vieille dame rescapée de la rafle du Vel d'Hiv', avant de virer au meurtre pour des raisons qui restent à éclaircir. La justice a retenu le caractère antisémite notamment parce qu'un des deux mis en examen connaissait la religion de la victime.

Un an après la mort, dans le même XIe arrondissement parisien, de Sarah Halimi, défenestrée par un voisin aux cris de « Allah Akbar », ce nouveau meurtre d'une femme juive a scandalisé bien au-delà de la communauté juive française, la plus importante d'Europe. Statistiquement en baisse, le nombre d'actes antisémites reste élevé en France où la minorité juive, qui représente moins de 1% de la population, est la cible d'un tiers des faits de haine recensés. Les actions les plus violentes sont même orientées à la hausse.
(Avec Afp)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.