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France / Questions sociales

Loi sur la prostitution: rassemblement à Paris des travailleuses du sexe

Manifestation du syndicat Strass à Paris (photo d'archives).
Manifestation du syndicat Strass à Paris (photo d'archives). AFP/LIONEL BONAVENTURE

Deux ans déjà que la loi dite de « lutte contre le système prostitutionnel » met le client à l'amende, le délit de racolage étant abrogé. Une loi censée protéger les travailleuses du sexe. Mais selon un rapport de plusieurs associations, dont Médecins du monde, c'est tout le contraire. Médecins du monde et le Strass (Syndicat du travail sexuel), ont donc appelé à un rassemblement, samedi 14 avril place Pigalle à Paris, pour protester contre une loi hypocrite à leurs yeux. Reportage.

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« On veut des clients, devenez délinquants » pouvait-on lire sur les banderoles brandies par quelque 200 personnes (150 selon la préfecture de police) dont plusieurs dizaines de prostituées qui ont répondu à l’appel.  

« J’ai le droit de proposer, mais tu n’as pas le droit d’acheter », explique une manifestante. A quoi bon avoir le droit de vendre ce qu’il est interdit d’acheter. Mylène Juste, secrétaire générale du Strass, visage masqué et pin's « Je suis une putain de féministe », s’insurge contre une loi qu’elle estime contre-productive.

« C’est moins de clients, plus de pouvoir des personnes qui veulent une prestation pour demander des choses que les personnes n’acceptaient pas avant », souligne-t-elle.

Moins de clients parce que ceux-ci ont peur de se faire prendre – ils risquent une amende de 1 500 euros, voire 3 750 euros en cas de récidive  donc plus de concurrence.

Moins de revenus, plus de violence

Pour les travailleuses du sexe, la situation est pire que jamais, confirme Giovanna Rincon, directrice de l'association d'aide aux personnes transgenres Acceptess-T.

« En 20 ans, je n’ai jamais vu une précarité si importante, une extrême clandestinité dans le travail du sexe et une telle violence. Il y a un rapport de force inversé, aujourd’hui, c’est les " nanas " qui proposent des rapports non protégés pour avoir à manger. »

Ce samedi, les travailleuses du sexe demandent l'abolition de la loi entrée en vigueur le 13 avril 2016et demandent que leur activité soit considérée comme n'importe quel travail.

(Re) lire : Loi sur la prostitution en France: deux ans après, un constat «très inquiétant»

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