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France

Après l’incendie près de Paris, les habitants d’immeubles insalubres en colère

Des pompiers et policiers mobilisés sur le lieu d'un incendie à Aubervilliers, le 19 août 2018.
Des pompiers et policiers mobilisés sur le lieu d'un incendie à Aubervilliers, le 19 août 2018. Thomas SAMSON / AFP

Moins d'un mois après un premier incendie qui avait coûté la vie à une mère et ses trois enfants à Aubervilliers, dans le nord de Paris, un deuxième sinistre a fait sept blessés graves dimanche 19 août au soir dans cette même ville de Seine-Saint-Denis. Les causes de ce dernier drame seraient accidentelles. Mais l'immeuble incendié n'était pas autorisé à abriter des logements. Pour les habitants de la commune, l'insalubrité des habitations de la ville a atteint un point critique.

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Dans le centre-ville d’Aubervilliers, des banderoles de sécurité empêchent encore de s’approcher de cet immeuble parti en flammes dimanche 19 août. C’est le deuxième incendie en moins d’un mois. Mais dans cette banlieue du nord de Paris, le drame n’a surpris personne.

Les habitants sont en colère, car ils dénonçaient depuis longtemps l’insalubrité des logements. « Il y a de tout ici : de l’humidité, des rats, c’est mal isolé... Ce n’est pas un environnement convenable pour habiter », dénonce ce père de famille de 38 ans. Arrivé dans la ville à cinq ans, Sory a vu Aubervilliers se détériorer : « Aujourd’hui, les conditions de vie sont très précaires, il y a beaucoup de personnes en difficulté. »

À deux pas du lieu du drame, le risque d'un nouvel incendie est grand

Le risque d’un nouvel incendie est grand. À deux pas du dernier drame, d’autres habitations sont source d’inquiétude. Abdel-Malik Djermoune nous fait entrer dans un immeuble voisin, acheté il y a quelques années par la mairie : « C’est complètement insalubre : les colonnes d’évacuation d’eau sont rouillées, c’est complètement envahi par la mousse, l’humidité traverse les murs, il y a des fils électriques qui dépassent… » Sur les fils électriques, on a scotché une inscription « danger de mort ». « C’est bien de nous prévenir, ironise cet habitant de 54 ans, mais ça serait bien qu’ils fassent simplement une installation correcte. »

Souvent, les habitants alertent la mairie, en vain. Fatima Al-Farzani loue son logement à un particulier, pour 820 euros. « Il y a de l’amiante, de l’humidité, il n’y a rien qui est aux normes de sécurité. Il peut y avoir le feu à n’importe quel moment, se plaint-elle. J’ai appelé le service d’hygiène de la mairie, ils sont venus chez moi, ils ont constaté l’humidité, mais le propriétaire n’a jamais fait les travaux. » Cette mère de trois enfants a fait une demande de logement HLM, mais elle a peu d’espoir. Sa voisine, elle, attend depuis 13 ans.

En attendant, Fatima n’a pas d’autre choix que de rester dans ce logement insalubre. Comme elle, 7 000 foyers sont en attente d’un logement social à Aubervilliers. Pourtant, d’après la maire communiste de la ville, Meriem Derkaoui, 40% des logements du parc privé seraient potentiellement indignes. Sollicitée, elle n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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