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France

Canicule: la France face aux défis des fortes chaleurs

Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs, ici au Bouscat dans le Sud-Ouest de la France, le 25 juin 2019.
Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs, ici au Bouscat dans le Sud-Ouest de la France, le 25 juin 2019. REUTERS/Regis Duvignau

Soixante-dix-huit départements sont en alerte canicule en France. Les grandes chaleurs continuent et les enjeux sont à la fois sanitaires, concernant notamment les personnes âgées, et écologiques, avec l’utilisation massive des climatisations.

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Des records de chaleur sont attendus en cette fin de semaine, accompagnés d'un pic de pollution à l'ozone et d'appels renouvelés à la vigilance des autorités face aux risques pour la santé. Jeudi matin, la vigilance orange concernait toujours 78 départements, un nombre record. Toute la France métropolitaine est concernée à l'exception des côtes de la Manche et quelques zones du Sud-Ouest.

A l'échelle du pays, la journée de jeudi pourrait être la plus chaude de cet épisode caniculaire exceptionnel par son intensité et sa précocité, mais appelé à se répéter à l'avenir avec le réchauffement planétaire. « Dans l'après-midi, on atteindra 38 à 41 degrés sur les régions au sud de la Loire, 33 à 37 degrés plus au nord sur les départements en vigilance orange et un peu moins sur les côtes méditerranéennes », souligne Météo-France.

Les personnes âgées en danger

Face au pic attendu en cette fin de semaine, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a renouvelé les consignes « vis-à-vis de tous les publics » afin d' « éviter des morts et des passages aux urgences inutiles ». Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables, notamment parce qu’elles ont moins que les autres la sensation de soif et de chaleur. Alors la mobilisation est de mise dans les maisons de retraite.

Vous n’avez pas trop chaud ? Vous avez bu ? Vous avez mis le brumisateur ?...

A l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Sainte-Lucie à Issy-les-Moulineaux par exemple, la canicule impose une attention de tous les instants. « Il y a des rondes en permanence pour hydrater les gens, explique Mireille Couchard, directrice de l’établissement. Il n’y a pas de clim dans les chambres, il faut veiller à ce que les volets soient baissés la journée, ventiler les chambres la nuit. Ce sont des vigilances du matin jusqu’au soir ».

Il faut dire que les personnes âgées sont beaucoup plus sensibles que les autres à la chaleur. « Le vieillissement en lui-même fait que la personne est plus sensible à la déshydratation, souligne Audrey Guedj, médecin coordonnatrice de l’Ehpad. Il y a moins de papilles gustatives, donc ils n’ont pas cette sensation de sécheresse buccale que nous on a. Au niveau de la peau, au niveau des glandes sudoripares, ils en ont moins. Quand elles sont saturées, ça empêche d’éliminer l’eau du corps et ça fait monter la température ».

Plus généralement, les difficultés s'accroissent dans les hôpitaux, déjà à la peine avec de moins en moins de moyens. Comme à Saint-Antoine, à Paris.

En soins intensifs, il n'y a pas une clim' !

Le défi écologique

En raison des fortes chaleurs, les climatisations tournent à plein régime et un pic de consommation électrique devrait être atteint ce jeudi (58 000 mégawatts vers 13 heures, heure de Paris). Pour faire baisser cette consommation et surtout renouveler les énergies, au sud-ouest de Paris, sur le plateau de Saclay, une installation toute dernière génération vient d'être mise en service.

Sur ces 25 kilomètres de réseau, en plein cœur d'un immense campus universitaire. Chaleur et froid sont couplés. La chaleur dégagée par le système de climatisation est réutilisée pour d'autres besoins comme l'eau chaude par exemple. « Quand on est au sous-sol du bâtiment FL de l’école centrale Supélec, on va faire grâce à des thermofrigos-pompe du chaud à 60° et du froid à  », explique Nicolas Eyraud, directeur de ce projet mené par l‘Établissement public d'aménagement (EPA) de Paris-Saclay.

En pleine canicule, cette installation prend tout son sens, explique Nicolas Eyraud. « Les besoins de climatisation vont aller en augmentant. Et il ne faudrait pas que la stratégie d’adaptation au changement climatique, qui consiste à rafraîchir ou climatiser de plus en plus de bâtiments, se fasse au détriment du réchauffement climatique lui-même. En rejetant la chaleur de façon non coordonnée, ça ne fait qu’amplifier le phénomène de réchauffement climatique ».

Une douzaine de bâtiments sont alimentés en chaud et en froid par ce réseau. Des échanges d'énergies très efficaces, selon Antoine Du Souich, directeur adjoint de l'innovation pour l'aménageur. « L’idée, c’est de créer des espaces vivants, donc un peu denses, qui restent supportables même en période de canicule. On émet quatre fois moins de gaz à effet de serre que pour une production de chaleur et de froid avec par exemple du gaz et des groupes froid ».

Il sera difficile de faire appliquer cette mesure à Marseille...

L'Europe sue à grosses gouttes

Mais la France n'est pas le seul pays du continent à souffrir des fortes chaleurs. Les Balkans sont aussi accablés et le mercure atteindra les 36 degrés à Zagreb. A Milan, en Italie, un sans domicile fixe (SDF) de 72 ans a été retrouvé mort jeudi matin près de la gare centrale, victime d'un malaise dû à la chaleur, selon les autorités.

En Espagne, des centaines de pompiers ont été mobilisés mercredi pour combattre un incendie de forêt en Catalogne (nord-est de l'Espagne) qui a dévasté 3 500 hectares à la faveur de vents violents et de la canicule. « Nous n'avons pas été confrontés à un incendie de cette gravité depuis 20 ans », a estimé le gouvernement régional catalan.

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