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France

Les urgentistes manifestent à Paris pour sauver un hôpital «pris à la gorge»

Ils étaient des dizaines de manifestants devant le ministère de l'Economie et des Finances, mardi 2 juillet 2019.
Ils étaient des dizaines de manifestants devant le ministère de l'Economie et des Finances, mardi 2 juillet 2019. RFI / Léa Boutin-Rivière

Les urgentistes manifestaient ce mardi 2 juillet à Paris et dans toute la France. En grève depuis plusieurs mois, ils réclament une augmentation de leurs salaires de 300 euros, un moratoire sur les fermetures de lit et de nouvelles embauches.

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Impossible de les rater. Maquillés en argenté, enroulés dans des couvertures de survie, voire carrément sous des costumes de robot bricolés, ils étaient des dizaines à manifester devant le ministère de l'Économie et des Finances sur le thème « Nous ne sommes pas des robots. » « Le but avec ces déguisements, c’est de dénoncer la systématisation de notre travail, le fait qu’on est de plus en plus sollicités avec de moins en moins de moyens », explique Hugo, infirmier aux urgences de l’hôpital Lariboisière depuis cinq ans.

Car cela fait plusieurs années que la situation se dégrade. Chaque année, les urgences accueillent 21 millions de patients – le chiffre a doublé en vingt ans. Et même si le nombre d’urgentistes augmente, il est encore bien faible en comparaison : ils ne sont que 9 500 en France. Conséquence, le temps d’attente aux urgences augmente et le personnel est sursollicité. « Chaque matin, on arrive sans savoir si on sera en effectif suffisant ! », tempête Aurélie. « Nos repos sont décalés en permanence, on nous demande tout le temps de travailler au-delà de nos horaires… Tous les week-ends, j’ai des collègues qui font douze heures d’affilée ! », ajoute-t-elle.

« Un pansement sur une plaie béante »

Pour pallier ce problème, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a débloqué une enveloppe de 70 millions d’euros. Une somme qui doit permettre une prime de 100 euros pour les urgentistes, mais surtout l’embauche de nouveaux effectifs pour l’été. Pour tous les manifestants, ces mesures sont largement insuffisantes, à commencer par Élodie, infirmière à Paris. « C’est un petit pansement posé sur une plaie béante, soupire-t-elle. On a besoin d’embauches immédiates et massives. L’hôpital est complètement pris à la gorge. »

« Agnès Buzyn nous donne des miettes en espérant que ça suffira à éteindre le mouvement, abonde Aurélie. Mais quand on peut donner des milliards pour le CICE, pour les grandes entreprises, on peut en faire autant pour l’hôpital ! C’est ça dont on a besoin. »

Vers midi, le cortège a pris le chemin du ministère de la Santé. Une délégation espérait être entendue. Sur la route, les manifestants écoutaient une adaptation du titre A nos souvenirs de Trois Cafés Gourmands, et chantaient en chœur les paroles : « Ils coupent tous nos moyens, ils disent ça ira bien, attention y’a urgence, c’est fou, ça se passe en France. »

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