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France / Agriculture

«Vaches-poubelles»: une charte pour débarrasser les prés français de leurs pneus

En France, 60000 bovins seraient victimes de maladies provoquées par l'ingestion de déchets.
En France, 60000 bovins seraient victimes de maladies provoquées par l'ingestion de déchets. REUTERS/Stephane Mahe

Des milliers de vaches en France ingèrent régulièrement des résidus des pneus servant à lester les tas de fourrage. Une convention est signée ce lundi 15 juillet entre les professionnels du secteur et le ministère de la Transition écologique.

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On l’appelle la maladie de la quincaillerie. En broutant l’herbe et en mangeant foin ou maïs, les vaches ingèrent tout un tas de déchets métalliques – clous, morceaux de fils barbelés ou de canettes –, mais aussi des résidus de pneus usagés utilisés pour maintenir les bâches enveloppant les fourrages. Avec le soleil, la pluie, et le temps, ces pneus se décomposent, et libèrent des particules de caoutchouc et des fils en acier.

Ces corps étrangers peuvent altérer la santé des ruminants. En France, 60 000 bovins seraient victimes chaque année de tumeurs et d’infections liées à l’accumulation de déchets dans leur estomac. Le phénomène, qui cause des pertes pour les éleveurs, pourrait également avoir un impact sur la santé des consommateurs. Sans parler de l'atteinte au bien-être animal. Les éleveurs introduisent parfois dans la panse des bovins un aimant pour attirer la ferraille.

« L'agriculteur doit changer de méthode, mais il en convient très bien », indique Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association Robins des bois qui avait dénoncé le scandale des « vaches poubelles » en février dernier. Car les pneus sont des gîtes à moustiques, mais aussi des sources de propagation d'incendies et de pollution atmosphérique. « C'est plus une charge qu'un avantage », estime Jacky Bonnemains.

800 000 tonnes de pneus dans les champs

La convention signée ce lundi entre les professionnels du secteur et le ministère de la Transition écologique prévoit que les fabricants de pneus les récupèrent à leurs frais. L'opération, baptisée « Ensivalor » sera réservée en priorité aux exploitants cessant leur activité puis à ceux optant pour une autre technique.

Elle est le prolongement de Recyvalor qui, pendant dix ans, a permis de résorber les montagnes de pneus abandonnés sur le territoire français, hors élevage. Quelque 7,2 millions de pneumatiques auraient ainsi été enlevés entre 2008 et 2017, indiquait l'association dans son rapport d'activité en 2017.

Cette nouvelle opération devrait permettre à ce que 15 000 tonnes de pneus usagés soient retirés des exploitations agricoles chaque année. Mais selon une étude de 2006, les champs français en contiendraient 800 000 tonnes. La tâche s’annonce donc titanesque et pourrait durer plusieurs dizaines d'années.

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