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France

Au lendemain du G7, M. Macron s'exprime devant les ambassadeurs

Le président Macron, photographié lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, le 27 août 2019.
Le président Macron, photographié lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, le 27 août 2019. Yoan Valat/Pool via REUTERS

Au lendemain de la fin du sommet du G7, Emmanuel Macron a présidé ce mardi 27 août la traditionnelle conférence des ambassadeurs, organisée tous les ans à cette période au palais de l’Élysée. L'occasion pour le chef de l'État d'évoquer les orientations de sa politique étrangère pour les mois à venir.

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Avec notre envoyée spéciale à l'Élysée, Stefanie Schüler

Le président français a débuté son discours aux ambassadeurs avec un constat : l’ordre international connaît aujourd’hui de tels bouleversements géopolitiques, économiques et écologiques qu’on assiste à la fin de l’hégémonie occidentale.

Les habitudes et les dogmes sur lesquels s’est appuyée la diplomatie française pendant des décennies ne sont plus valables, estime Emmanuel Macron, pour qui il ne faut pas seulement s'adapter au changement, mais tenter de rebâtir un ordre mondial nouveau.

Un ordre dans lequel l’Europe doit s’affirmer davantage si elle ne veut pas tout simplement disparaître, a prévenu le chef de l'État, pour qui la stratégie de la diplomatie française est partie intégrante de la stratégie européenne.

L’Union européenne doit coûte que coûte, plaide Emmanuel Macron, renforcer sa souveraineté économique et commerciale, militaire ou encore stratégique.

Paris peut et doit aussi jouer le rôle de puissance d’équilibre, dit Macron

Après avoir reçu la semaine dernière Vladimir Poutine au fort de Brégançon, M. Macron s’est dit convaincu de la nécessité pour l’Union européenne de tisser de nouvelles relations avec la Russie.

Mais d'évoquer aussi l'impératif de renforcer le partenariat avec la Chine, dont le président a salué les efforts, sur l’écologie notamment.

La souveraineté passe également par la défense des frontières de l'UE. Sur ce point, pas de nouvelle annonce, mais plutôt une confirmation de la stratégie migratoire déjà en place, c’est-à-dire prévenir les départs, accélérer les retours et ouvrir les voies légales pour les candidats éligibles à l’asile.

Mais le numéro un français ne voit pas la place de la France qu’au sein de la stratégie européenne. Sa parole doit être utile au moment des grandes crises internationales. « Nous devons jouer notre rôle de puissance d'équilibre, a insisté Emmanuel Macron. [...] Nous devons en quelque sorte avoir la liberté de jeu, la mobilité, la souplesse. Nous ne sommes pas une puissance alignée. Nous avons des alliés dans chaque région du monde. Mais [...] nous ne sommes pas une puissance qui considère que les ennemis de nos amis sont forcément les nôtres, ou qu'on s'interdit de leur parler. »

« L’Afrique est notre indispensable alliée pour que l’Europe continue de jouer tout son rôle dans les affaires du monde », a lancé le président français, qui a assuré que la France resterait engagée « avec force » au Sahel via l’opération Barkhane. Emmanuel Macron a également défendu sa politique à l’égard du continent.

« Autonomie stratégique »

Le président a évoque le dossier iranien : même s'il avoue que ses premiers résultats obtenus au sommet du G7 restent encore bien fragiles, Emmanuel Macron estime avoir réussi à créer des « conditions de désescalade ».

« Pour pouvoir jouer utilement ce rôle, comme nous l'avons fait autour de la table du G7, poursuit-il, il nous faut pouvoir pleinement décliner cette forme d'indépendance indispensable de notre diplomatie et d'autonomie stratégique.Ce qui suppose de repenser en profondeur la relation avec quelques puissances. »

Ce message est-il adressé aux Américains et aux Chinois ? Le président français estime en tous cas que ces deux grandes puissances dominent le monde d'aujourd'hui et que face à elles, l'Europe et la France doivent renforcer leur souveraineté, s'ils ne veulent pas disparaître. 


■ Extrait du discours d'Emmanuel Macron sur la Russie

« Depuis cinq ans, la Russie a pris une place inédite dans tous les grands conflits. Elle a pris une place inédite, parce que les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et la France ont été faibles.

La Russie a maximalisé, dans le contexte actuel, tous ses intérêts. Elle est revenue en Syrie, elle est revenue en Libye, elle est revenue en Afrique… Elle est dans tous les sujets de crise par nos faiblesses ou nos erreurs.

Mais est-ce que cette situation est durable ? Je ne le crois pas. Cette grande puissance, qui investit beaucoup sur son armement, qui nous fait si peur, a le produit intérieur brut de l’Espagne, une démographie déclinante, un pays vieillissant et une tension politique croissante.

Est-ce que vous pensez que l’on peut durer comme ça ? Je pense que la vocation de la Russie n’est pas d’être l’allié minoritaire de la Chine.

Et donc, nous devons aussi savoir par ce dialogue exigeant et les conditions que nous poserons, offrir à un moment donné une option stratégique à ce pays, qui va immanquablement se la poser. »

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