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France / Pêche et agriculture

Épandages de pesticides: le gouvernement lance une vaste consultation publique

Le maire de Langouët, Daniel Cueff, prend la parole devant des manifestants lors de son arrivée au tribunal administratif de Rennes, le 22 août 2019.
Le maire de Langouët, Daniel Cueff, prend la parole devant des manifestants lors de son arrivée au tribunal administratif de Rennes, le 22 août 2019. Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Le gouvernement français a donné le coup d'envoi ce lundi 9 septembre d'une consultation sur les distances à respecter entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides. Il propose de fixer ces distances à 5 ou 10 mètres, selon les cultures. Prévue pour début octobre, elle a été avancée après la polémique sur l'arrêté municipal très médiatisé du maire de la petite commune bretonne de Langouët, suivi par d'autres élus. Rencontre avec des maires, leurs soutiens et l'initiateur de ce mouvement lors d'un rassemblement à Paris.

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Ils sont là devant l'Assemblée nationale avec leurs pancartes « Stop pesticides », regroupés autour de Daniel Cueff, le maire de Langouët, une petite commune bretonne écologique avec notamment des cantines 100 % bio. Il n'empêche, les pesticides sont utilisés dans les champs autour du village et les habitants sont inquiets, souligne le maire.

« Les habitants de la commune ont fait faire des analyses d’urines d’eux-mêmes et de leurs enfants, explique Daniel Cueff. Et alors qu’ils mangent bio, ils ont trouvé chez leurs enfants des taux de glyphosates trente fois supérieurs à la norme. »

Il a donc pris l'arrêté interdisant l'utilisation de pesticides à moins de 150 mètres des maisons au grand mécontentement des agriculteurs conventionnels. Mais Daniel Cueff l'assure : les solutions existent.

À écouter aussi : Consultation citoyenne sur les pesticides: « 5 à 10 mètres ne sont pas suffisants pour protéger les riverains »

« Jamais je n’aurais pris un arrêté municipal, insiste Daniel Cueff, si je n’avais pas préalablement pris attache auprès de certains agriculteurs pour être sûr qu'il y a des solutions dans ces 150 mètres qui ne sont pas d'agriculture biologique, mais qui sont simplement d’autres dispositifs qui éviteraient l’usage des pesticides. »

Pour l'instant, la mesure n'est cependant pas appliquée dans la commune, puisque l'arrêté de Daniel Cueff a été suspendu par la justice administrative. Il n'empêche, des dizaines de maires ont suivi son exemple et ils souhaitent que des milliers d'autres fassent de même pour contraindre le gouvernement à agir enfin efficacement contre les pesticides.

À lire aussi : Épandage de pesticides: une distance de sécurité innovante, mais pas suffisante ?

« On a déjà fait beaucoup »

Il faut faire confiance à la science plutôt qu'aux maires sur les pesticides, a réagi le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, en visite au salon international de l'élevage, à Rennes. Une allusion à l'arrêté anti-pesticide décidé par le maire de Langouêt, la région où est organisé le salon. Le ministre a défendu les zones de non-traitement préconisées par l'Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Et au passage il a défendu le bilan du gouvernement sur la réduction des pesticides.

Sur les pesticides, la France a déjà fait beaucoup. Le président de la République a annoncé la fin du glyphosates au 1er janvier 2021, là où il y aura des alternatives. Là où il n’y en a pas il faudra continuer à en chercher…

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture

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