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France

France: Édouard Philippe prend le dossier des retraites «avec des pincettes»

Édouard Philippe devant le Conseil économique, social et environnemental, le 12 septembre 2019.
Édouard Philippe devant le Conseil économique, social et environnemental, le 12 septembre 2019. Martin BUREAU / AFP

Le Premier ministre français Édouard Philippe a précisé, ce 12 septembre, le calendrier et la méthode de la future réforme des retraites. Devant le Conseil économique et social, le Premier ministre a assuré que le gouvernement prendrait son temps.

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Le Conseil économique et social (Cese) est une instance peu connue des Français. Cette assemblée prévue dans notre Constitution rassemble les partenaires sociaux, les syndicats, les représentants des chefs d’entreprise. S'exprimer devant cette instance est donc symbolique, une façon de cajoler ce que l’on appelle les corps intermédiaires qui se sont sentis un peu méprisés au début de la présidence Macron.

Un calendrier « long »

Pour l’acte II de son quinquennat, Emmanuel Macron promet de la concertation et de l’humilité à tous les étages. Le chef de l’État veut faire de la réforme des retraites la réforme emblématique de cet acte II. Et l’exécutif va prendre son temps. Pas question de braquer les Français, de souffler sur les braises pas tout à fait éteintes de la crise des « gilets jaunes ».

Ce jeudi 12 septembre, Édouard Philippe a précisé le calendrier. La réforme des retraites ne sera pas adoptée avant l’été prochain au Parlement. « Nous assumons le temps long », a dit le Premier ministre.

Ce temps long, nous l'assumons, on ne réforme pas un système vieux de 70 ans en quelques semaines, surtout lorsqu'on sait combien ce sujet passionne les Français, autant qu'il les inquiète, et surtout lorsque l'on veut bâtir un nouveau système qui a vocation lui-même à durer 70 ans et bien plus.

D’ici là, les partenaires sociaux vont coécrire le projet de loi avec le gouvernement. Et les Français seront aussi entendus, sur le modèle du grand débat.

Nous voulons consulter les Français directement. Il ne s'agit pas de faire un copier-coller du grand débat mais nous reprendrons l'esprit du grand débat et certains outils ayant fait leurs preuves, comme le principe d'une plateforme numérique ou l'organisation de réunions publiques autour d'élus locaux ou d'associations...

Une plateforme numérique sera ouverte et des débats citoyens seront organisés jusqu’à la fin de l’année. Emmanuel Macron lui-même lancera cette consultation à la fin du mois de septembre.

Sur la forme, le gouvernement promet donc d’écouter les syndicats et les Français, de prendre le temps nécessaire. Mais sur le fond, l’exécutif a déjà une idée assez précise de ce qu’il veut. « On ne part pas de zéro », a dit Édouard Philippe.

Le rapport Delevoye comme base de travail

Sur la table, il a le rapport de Jean-Paul Delevoye. Le haut-commissaire aux retraites a fait son entrée au gouvernement. Il va mener les consultations avec les partenaires sociaux aux côtés de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dès la semaine prochaine.

Mais des points clés restent en suspens. Va-t-on vers un âge pivot comme le souhaite Jean-Paul Delevoye ? Ou plutôt vers une augmentation de la durée de cotisation, option privilégiée par le chef de l’État ? On en saura plus au cours des débats à venir. Il n'y a pas eu d'annonces nouvelles. Mais Édouard Philippe a montré des signes de souplesse pour les régimes spéciaux, notamment concernant la RATP et la SNCF.

Un dossier à prendre avec des pincettes

La RATP où une grève va bloquer une grande partie des transports en commun demain à Paris, justement pour protester contre la réforme des retraites. Édouard Philippe a assuré que les retraités actuels et les actifs proches de la retraite ne seraient pas concernés par la réforme. Et qu’il pourrait y avoir des prolongations pour certains secteurs.

Ce « temps long » arrange aussi le gouvernement. En fixant le vote de la réforme des retraites à l’été 2020, l’exécutif se préserve pour les municipales de mars prochain. Le sujet sera dans l’actualité, mais pas autant qu’au moment du vote. Les contestations, s’il y en a, ne viendraient pas perturber la campagne de la République en marche (LREM). La prudence jusqu’au bout pour un gouvernement qui avance à pas comptés.

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