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France / Justice

Attentat raté de Notre-Dame: jusqu’à 30 ans de prison pour les femmes jihadistes

Dessin représentant Inès Madani au procès de l'attentat raté de Notre-Dame, le 11 avril 2019.
Dessin représentant Inès Madani au procès de l'attentat raté de Notre-Dame, le 11 avril 2019. Benoit PEYRUCQ / AFP

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné ce lundi soir à 25 et 30 ans de prison les deux principales accusées dans le procès de l'attentat raté de Notre-Dame de Paris.

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Après plus de dix heures de délibéré, la cour d'assises spéciale a rendu son verdict dans le procès du commando de Notre-Dame. Elle a condamné Ornella Gilligmann et Inès Madani à 25 et 30 ans de réclusion criminelle. A l'énoncé du verdict, la première s'est effondrée en pleurs derrière le box, la tête entre les mains. La seconde a eu un mouvement de recul. Comme si elle encaissait physiquement la lourdeur de la peine.

La cour a suivi les réquisitions du parquet sur la durée d'emprisonnement. Mais pas sur la période de sûreté des deux tiers de la peine réclamée par l'avocat général. Les deux femmes pourront donc demander une libération conditionnelle une fois la moitié de leur détention effectuée. Thibault de Montbrial, avocat d'une association de victimes du terrorisme, déplore ce répit, rarement octroyé dans les dossiers de terrorisme, et reste convaincu de leur dangerosité.

Cette absence de période de sûreté signifie-t-elle que le tribunal a cru les remords exprimés par les deux femmes, leur promesse d'être désormais déradicalisées, et ainsi leur laisser un distant espoir d'avenir ? C'est en tout cas ce qu'avait demandé Ornella Gilligmann, mère de trois enfants. C'est aussi ce qu'avait plaidé le conseil d'Inès Madani en mettant en avant sa jeunesse – 19 ans au moment des faits.

Maître Laurent Pasquet-Marinacce a semblé abattu par le verdict, considérant la peine extrêmement sévère. Car malgré la gravité des faits, il n'y a eu ni morts ni blessés, rappelle-t-il. Pour lui, la cour a voulu faire un exemple. C'était la première fois qu'un groupe de femmes était jugé après un passage à l'acte. Il s'agissait, aussi, du premier dossier traité par le tout nouveau parquet national antiterroriste.

Avec leurs trois coaccusées, Inès Madani et Ornella Gilligmann sont devenues, selon l'expression des avocats généraux, le « visage du jihad au féminin ». Aujourd'hui âgées de 22 à 42 ans, elles sont soupçonnées d'avoir voulu lancer des attaques terroristes en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État islamique (EI) et inspirateur quelques semaines plus tôt de l'assassinat d'un policier et de sa femme à Magnanville (Yvelines).

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, elles avaient tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, a permis d'éviter l'explosion.

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