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France / Islam

Emmanuel Macron enjoint le CFCM à avoir une parole forte sur la place du voile

Emmanuel Macron a rencontré le président du CFCM, Dalil Boubakeur (3e), et sa délégation à l'Élysée ce lundi 28 octobre 2019 à Paris.
Emmanuel Macron a rencontré le président du CFCM, Dalil Boubakeur (3e), et sa délégation à l'Élysée ce lundi 28 octobre 2019 à Paris. Ludovic MARIN / POOL / AFP

Emmanuel Macron a reçu lundi 28 octobre les représentants du culte musulman à qui il a demandé de combattre le communautarisme et l'islamisme alors que le débat sur le port du voile a resurgi ces dernières semaines en France.

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Sur le papier au moins, l'appel d'Emmanuel Macron au Conseil français du culte musulman (CFCM) n'aura pas tardé à être entendu. À l'issue de l'entrevue qu'ils ont eue lundi avec le président de la République, les représentants de l'instance ont aussitôt promis par communiqué des annonces « très fortes » concernant le voile et l'islamisme en France.

Le vice-président Anouar Kbibech indique que le Conseil religieux tiendra dès ce mardi une réunion exceptionnelle. Il s'agit de répondre à la demande d'Emmanuel Macron pour qui le Conseil français du culte musulman doit avoir un discours clair sur la place du voile dans la société et notamment dans l'espace public.

La question s'est posée récemment lors d'une polémique sur la question du port du voile par des accompagnatrices lors des sorties scolaires.

Pour le président, l'objectif est d'éviter « la confusion des esprits » et séparer clairement la religion, la culture et l'islam politique.

Comment adapter le port du voile dans un pays laïc ? Quels sont les signes d'alerte de la radicalisation ? Voilà des questions sur lesquelles doit plancher le CFCM. Réponses attendues ce mardi.

Analyse

Pour Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po Paris, Emmanuel Macron a déjà la présidentielle de 2022 en tête.

C’est certain qu’Emmanuel Macron souhaite montrer qu’il ne va concéder à personne les thèmes qui sont les thèmes régaliens. Il sait que sur l’élection présidentielle, l’incarnation de la fonction présidentielle aux yeux des Français ce sont bien sûr les thèmes régaliens.

Bruno Cautrès, politologue

Voile: Édouard Philippe ne souhaite pas de loi sur les accompagnants scolaires


■ Voile : 30 ans de débats sur la laïcité

Ce mardi, une proposition de loi de 46 sénateurs du groupe Les Républicains (LR) sera étudiée au Sénat. Déposée en juillet dernier, elle vise à interdire le port du voile durant les sorties scolaires. Une proposition de loi qui a de nombreux précédents.

C'est à la fin des années 1980 que le sujet du voile à l'école apparaît pour la première fois avec l'affaire dite des « collégiennes de Creil », au nord de Paris : trois filles voilées se retrouvent exclues temporairement. La polémique enfle et le Conseil d'État tranche.

Le port du foulard est compatible avec la laïcité, mais il est possible pour les chefs d'établissement d'exclure au cas par cas.

En 1994, le gouvernement Balladur établi une circulaire ciblant le port du voile en le distinguant les symboles religieux « discrets ». En une dizaine d'années, près d'une centaine de filles sont exclues de leur établissement scolaire pour ce motif.

Finalement en 2004, une loi finit par interdire le port de signes religieux ostentatoire dans le cadre de l’école publique.

En 2012, sous la présidence Sarkozy, le ministre de l’Éducation Luc Chatel, aborde pour la première le sujet des accompagnatrices scolaires. Il demande à ce qu'elles aussi se soumettent aux obligations de neutralité religieuse. En considérant qu'elles font partie de la sphère scolaire. Mais le Conseil d'État rejette cette demande. Il considère que ces mères accompagnatrices ne sont pas soumises aux obligations de laïcité.

Six ans plus tard, des sénateurs cherchent donc à contourner cette jurisprudence.

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