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France

Logement: début de la trêve hivernale en France

Des manifestants défilent contre les expulsions qui interviennent à la fin de la trêve hivernale, à Paris, le 12 mars 2011.
Des manifestants défilent contre les expulsions qui interviennent à la fin de la trêve hivernale, à Paris, le 12 mars 2011. MIGUEL MEDINA / AFP

Aucun locataire ne pourra être expulsé de son logement jusqu’au 31 mars, lorsque les décisions judiciaires s'appliqueront de nouveau. Une mesure reconduite chaque année alors que le nombre d'expulsions ne cesse d'augmenter.

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Durant la trêve hivernale, les locataires qui n'arrivent plus à payer leur loyer ne pourront pas être expulsés de leur logement. Ce sursis intervient dans un contexte d'un nouveau record. D'après la Fondation Abbé Pierre, en 2018, près de 36000 personnes ont été mises dehors manu militari. Et ce chiffre ne cesse de grimper d'année en année.

« C’est une progression permanente. Depuis dix ans, on est à plus 40% et depuis 2001 à plus de 152%, explique Marie Rothhahn, responsable de la plateforme « Allô, prévention expulsion » de l'association Abbé Pierre.

Une hausse de la précarisation des ménages 

Pour cette juriste, le nombre croissant d'expulsions s'explique par une précarisation constante des ménages. « Neuf millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté aujourd’hui. Beaucoup de personnes qui se retrouvent au chômage, qui se séparent, qui sont malades...Ce sont les principales causes des impayés. »

Il y a également une hausse constante des loyers et des charges, une production de logements sociaux qui reste toujours insuffisante, et globalement, une austérité budgétaire sur la politique du logement.

« Il y a aussi des baisses dans les aides personnelles au logement, des aides qui sont pourtant essentielles pour que les personnes puissent payer leur loyer et se maintenir dans les lieux. Des baisses sur le financement de logement social, qui vont encore faire baisser la production de logement social », précise Marie Rothhahn.

La responsable de la plateforme « Allô, prévention expulsion » explique que paradoxalement, il y a quelques bonnes mesures, comme le plan logement qui est proposé par le gouvernement. « Mais on est dans cette situation incohérente, où on essaie d’apporter des améliorations d’un côté, mais c’est très insuffisant de l’autre, et on se retrouve avec toujours plus de personnes qui risquent de se retrouver à la rue. »

Des loyers de plus en plus chers

Julien, ancien agent commercial, compte mettre ce temps de trêve hivernale à profit pour remonter la pente et éviter l’expulsion dans cinq mois.

« Je n’ai pas pu payer mon loyer depuis un certain temps, suite à des bouleversements dans ma vie provoqués par un ébranlement familial, ce qui a fait de moi un homme tombé en dépression nerveuse et qui n’a pas pu assurer ses obligations professionnelles. Donc je me suis retrouvé sans activité et sans revenus. »

Dans la vie d’avant, Julien avait une belle situation et s’acquittait scrupuleusement de ses obligations de locataire. Aujourd’hui, il est chômeur et n’a que le RSA pour vivre, c'est-à-dire 559 euros par mois. 

« En découvrant ce monde qui m’était inconnu, je me rends compte qu’il y a des parties de la population qui sont de plus en plus exclues face aux difficultés montantes. Les logements à Paris sont très chers, cela devient impossible de payer, même en faisant attention à tout. 900 euros de loyer. C’est impossible. »

D’après la Fondation Abbé Pierre, le fond qui permet d’indemniser les bailleurs est passé de 78 à 24 millions d’euros. 

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