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France / Justice

France: le procès d'un réseau de prostitution de jeunes Nigérianes débute à Lyon

Des prostituées dans les rues de Paris. (Image d'illustration)
Des prostituées dans les rues de Paris. (Image d'illustration) BERTRAND LANGLOIS / AFP

Ce mercredi 6 novembre s'ouvre à Lyon le procès d'un vaste réseau de prostitution de jeunes femmes venues du Nigeria par une filière très organisée entre Benin City et Lyon, depuis 2015. Une fois sur place, elles étaient contraintes de rembourser des milliers d'euros avant de pouvoir retrouver leur liberté.

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Sur le banc des prévenus, on ne retrouve pas moins de 23 personnes. Il s’agit d’hommes et de femme, tous de nationalité nigériane, à l'exception d'un Français. Chacun de ces protagonistes est soupçonné d'avoir joué un rôle bien précis dans ce vaste réseau de prostitution, qui aurait rapporté jusqu'à 150 000 euros par mois.

« Mamas » proxénètes

De la tête de l'organisation, Stanley Omoregie, un pasteur recruteur, à la loueuse de camionnettes pour les prostituées, en passant par les « mamas » proxénètes jusqu'aux membres chargés de blanchir l'argent sale, tous doivent répondre de leurs actes devant la justice.

Parmi eux, Jessica Edosomwan, 26 ans, l'une des criminelles les plus recherchées d'Europe par Interpol. Cette dernière manquera cependant à l'appel, faute d'avoir été retrouvée par la police.

Pour les autres prévenus, il s'agira de lever le voile sur la manière dont ils organisaient le quotidien de ces esclaves sexuelles, recrutées au Nigeria et exploitées sur les trottoirs lyonnais.

Dix ans de prison

Chacun d'entre eux encourent dix ans de prison notamment pour aide au séjour irrégulier, proxénétisme aggravé, traite d'êtres humains, blanchiment d'argent, le tout en bande organisée. Face aux prévenus, dix-sept prostituées se sont constituées partie civile ainsi que deux associations spécialisées dans l'action contre le proxénétisme.


Du Nigeria aux trottoirs de Lyon

Lors de leurs auditions face aux enquêteurs, les prostituées décrivent toutes le même modus operandi : au Nigeria, dans la province sud de Benin City, fortement touchée par le chômage, elles sont d'abord approchées par une personne qui leur propose de venir travailler en Europe comme coiffeuse ou serveuse dans un restaurant.

Une fois la proposition acceptée, les jeunes filles âgées de 17 à 38 ans s'engagent à rembourser jusqu'à 30 000 euros pour le voyage et le service rendu.

Afin de s'assurer de leur docilité, les membres du réseau leur font passer le rite vaudou du « juju », véritable emprise psychologique et croyance selon laquelle si elles tentent de fuir une fois en Europe, leurs familles et elles-mêmes deviendront folles.

Après plusieurs semaines de transit par la Libye et des embarcations de fortune sur la Méditerranée, les victimes arrivent en Italie puis en France.

Elles découvrent alors qu'elles devront se prostituer pour payer leur logement et rembourser leur dette. Certaines reconnaissent avoir dû accepter des rapports sexuels pour une dizaine d'euros, sous la pression des « mamas » du réseau qui confisquaient leurs papiers d'identité.

L'argent ainsi récolté par l'organisation, jusqu'à 150 000 euros par mois, était quant à lui envoyé au Nigeria de façon occulte.

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