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France

Ouverture du procès du financement des campagnes du Front national

Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national (ex-Front national), ici au Parlement européen à Bruxelles, le 13 juin 2019.
Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national (ex-Front national), ici au Parlement européen à Bruxelles, le 13 juin 2019. REUTERS/Francois Lenoir

L’ex-Front national, aujourd’hui Rassemblement national, est devant la justice. Ce mercredi 6 novembre s’est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris le procès des comptes de campagne du parti d’extrême droite.

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Le Rassemblement national, alors qu’il portait encore son ancien nom, a-t-il participé à un abus de bien sociaux ? C’est la question qui va occuper le tribunal correctionnel de Paris jusqu’à la fin du mois de novembre. Au centre de cette affaire, les campagnes législatives et présidentielles de 2012, celle des élections municipales et européennes de 2014, et enfin les départementales de 2015. Ce sont sept prévenus, ainsi que trois personnes morales dont l’ex-Front national qui sont poursuivies pour escroquerie, tentative d’escroquerie, abus et recel d’abus de bien sociaux.

La justice les soupçonne en effet d’avoir voulu bénéficier d’une règle électorale pour gagner de l’argent. En l’occurrence, il est question des remboursements de frais de campagne ; chaque candidat qui recueille au moins 5% des suffrages voit en effet ses dépenses de campagne remboursées.

Or, le Front national est soupçonné d’avoir volontairement fait gonfler la facture, pour obtenir un remboursement plus important que les frais réellement engagés.

Lors des élections législatives de 2012 par exemple, les enquêteurs soupçonnent le parti d’extrême droite d’avoir obligé ses 525 candidats investis à se procurer un kit de campagne comprenant des tracts, des affiches ou encore des outils pour créer un site internet. Problème : le prestataire aurait alors été imposé par la direction du parti : l’agence de communication Riwal, dirigée par un ami proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon.

La justice soupçonne Riwal d’avoir surfacturé ces kits de campagne, d’une valeur de 16 650 euros chacun, « et ce, dans l’unique but de majorer des dépenses électorales remboursables ».

Chiffrer le montant du préjudice subi par l’État

C’est là qu’intervient Jeanne. Il s’agit d’un micro parti créé en 2010 au bénéfice de Marine Le Pen. Comme les candidats investis par le Front national n’avaient pas forcément les moyens d’avancer la somme demandée par Riwal, il a été proposé à la quasi-totalité d’entre eux de souscrire un prêt auprès de Jeanne, de 16 650 euros exactement, à un taux de 6,5 %, bien supérieur à celui des banques.

Dès lors, la question centrale de ce procès est de déterminer si cette manœuvre avait pour but in fine de venir remplir les caisses du micro parti en bénéficiant du remboursement des frais électoraux par l’État.

Parmi les personnes poursuivies, outre Frédéric Chatillon, se trouve également Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN à l’époque, et toujours à ce poste depuis le changement de nom du parti. Il s’est exprimé à l’issue de cette première journée d’audience : « Le Parquet ne peut pas nous dire quelle est la marge à l’origine de l’escroquerie. Nous ne pouvons pas venir nous défendre devant une juridiction alors que nous ne savons pas de quoi nous sommes accusés ».

Ce premier jour a donc été consacré à régler avant tout des questions techniques d’éventuelles nullités, les prévenus estimant que l’accusation ne peut pas chiffrer le montant du préjudice subi par l’État. Frédéric Chatillon estimait quant à lui avant l’audience que le montage proposé aux candidats du FN « était particulièrement économique pour les finances publiques ». Le parti se défend ainsi de toute malversation, et crie même au complot politico-judiciaire. Le président du tribunal correctionnel se prononcera ce jeudi à 13h30 sur les questions de nullités. Si elles sont rejetées, le procès durera jusqu’à la fin du mois de novembre pour répondre à ces questions.

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