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France

France: des primes, plus de budget et une reprise de la dette pour l'hôpital

Des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants sont descendus dans la rue le 14 novembre à Paris pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs.
Des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants sont descendus dans la rue le 14 novembre à Paris pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs. REUTERS/Johanna Geron

En France, le Premier ministre Édouard Philippe a présenté, ce mercredi 20 novembre 2019, un plan d'urgence du gouvernement pour l'hôpital public.

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« Nous voulons agir et être à la hauteur des attentes des personnels hospitaliers ». Ce sont par ces mots que le Premier ministre Edouard Philippe a présenté son plan d’urgence pour aider les établissements hospitaliers exsangues après des années de restrictions budgétaires.

Ce plan repose sur trois axes principaux : l’attraction des métiers, la levée des blocages et le réinvestissement. Et pour mettre en œuvre son projet, le gouvernement met la main à la poche. Il prévoit un financement supplémentaire de 1,5 milliards d'euros sur trois ans pour l'hôpital. Et dès 2020, il débloquera 300 millions d'euros en plus de la trajectoire financière déjà décidée par le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il prévoit également une enveloppe de 150 millions d'euros pour l'achat de matériel et à la « rénovation légère » du bâti hospitalier.

Reprise d’une partie de la dette

Mais l’autre annonce importante de ce « plan hôpital » concerne la reprise d’une partie de la dette. En trois ans, il s’engage à reprendre dix milliards, soit un tiers de la dette totale du secteur. Un « programme massif et ultrarapide », selon Matignon, qui devrait être mis en place au premier semestre 2020 dans le cadre d’une loi spécifique, en parallèle de la loi de programmation des finances publiques.

Pour le gouvernement cet « acte fort » permettrait de répondre à la baisse de moitié de l'investissement hospitalier observé ces 10 dernières années. Une baisse causée elle-même par la hausse de la dette. Un cercle vicieux en somme qui pourrait enfin être brisé avec cette annonce.

Une série de nouvelles primes

L’autre préoccupation du gouvernement dans les annonces faites ce matin concerne l’attractivité des emplois dans le milieu hospitalier. Et pour soulager des « métiers en tension », Matignon prévoit également une série de hausses et de primes. Avec notamment, une revalorisation de la prime d’engagement dans la carrière hospitalière, qui concerne les médecins et les paramédicaux. Cette revalorisation devrait permettre d’attirer à nouveau des métiers qui peinent à recruter, comme les infirmiers spécialisés ou les manipulateurs radio par exemple.

Du côté des médecins praticiens hospitaliers, les quatre premiers échelons seront fusionnés « afin d’accélérer l’entrée dans la carrière » et l’indemnité de service public exclusif sera attribuée dès la période probatoire.

Une autre prime concerne cette fois les 40 000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris et dans sa proche banlieue et qui gagnent moins de 1 900 euros par mois. Cette fois, Le gouvernement prévoit de leur attribuer « de façon pérenne » 800 euros par an.

Des enveloppes seront également distribuées aux établissements pour qu’ils puissent « récompenser l’engagement et l’investissement des personnels », en donnant une prime annuelle d’environ 300 euros. Cette prime pourrait concerner jusqu’à 600 000 personnes.

Quant aux aides-soignants qui exercent auprès de personnes âgées et qui ont acquis une compétence spécifique en gériatrie, ils devraient bénéficier d’une augmentation de 100 euros nets par mois dès 2020. 

Une réforme des médecins hospitaliers

Mais outre les primes, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a également annoncé le lancement « dans les six mois, et pas un de plus » d’une réforme « de fond en comble » du statut des médecins qui travaillent à l’hôpital. Cette réforme qui vise à aller vers un « assouplissement » du statut des praticiens hospitaliers, qui n’est « plus adapté aux besoins ni aux aspirations » des nouveaux médecins.

Ainsi, la ministre souhaite aller vers d’avantage de reconnaissances des activités non cliniques telles que la recherche, l’enseignement ou le management. Elle souhaite également permettre aux médecins une part de rémunération variable et la possibilité de devenir chef d’établissement.

En l'espace de six mois, c'est le troisième plan annoncé pour tenter de calmer la colère des personnels hospitaliers. Emmanuel Macron avait lui-même reconnu la semaine dernière : les premières copies d’Agnès Buzyn n’étaient pas à la hauteur, pas assez rapides, après déjà huit mois de crise dans les hôpitaux publics.

Très bien qu’on soulage la dette des hôpitaux (…) mais ça ne répond pas aux revendications des personnels qui sont des emplois supplémentaires, des augmentations de salaires générales…

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