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Exposition

Exposition: nous sommes ce qu'il y a dans nos assiettes

«La grande fontaine de chocolat», de Gilles Barbier, est une réflexion sur le mouvement de la vie et du temps, entre voluptés gourmandes et annonce implicite du pourrissement proche de ces biens consommables.
«La grande fontaine de chocolat», de Gilles Barbier, est une réflexion sur le mouvement de la vie et du temps, entre voluptés gourmandes et annonce implicite du pourrissement proche de ces biens consommables. RFI/Nicolas Sanders

L’alimentation, un thème éternel et en permanence d’actualité, car se nourrir est vital et quotidien. Pourquoi mange-t-on le bœuf plutôt que la vache, comment la cuisine construit-elle l’identité nationale, comment mieux connaitre son assiette : une exposition au Musée de l’Homme à Paris propose de découvrir les aspects biologiques, culturels et écologiques de notre alimentation.

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« Dis-moi ce que tu manges et je te dirai ce que tu es » : depuis 1825, la célèbre formule du gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin souligne à merveille le lien entre alimentation et individu. Comment le fait de se nourrir agit-il sur nos identités à travers des pratiques culturelles, des rituels et des interdits ? Quel est le rôle de l’alimentation dans l’évolution humaine ? Quid de l’impact environnemental à l’échelle mondiale de la production des ressources alimentaires, aujourd’hui et demain ? C’est à toutes ces questions et bien d’autres encore que l’exposition « Je mange donc je suis », au Musée de l’Homme à Paris, se propose de répondre. Une expo aussi appétissante pour l’estomac que pour l’esprit, déclinée entre thèmes de fonds, débats de sociétés et même quelques sujets « surprises » dont des objets prestigieux allant de l’artiste chinois Liu Bolin à Pablo Picasso en passant par le plasticien français Gilles Barbier et l’artiste contemporaine espagnole Pilar Albarracin.

Sur le fond, « Je mange donc je suis » s’appuie directement sur les recherches menées par les scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle. Formation du goût, gastrodiplomatie, patrimoines culinaires, modèles agricoles, consommation de viande, OGM, alimentation de nos ancêtres… Les recherches du Muséum couvrent des domaines très variés, mais comme expliquait sur RFI Christophe Lavelle, chercheur au CNRS et commissaire scientifique de l'exposition, « la santé n’est pas le corps de l’exposition, car ce n’est pas le corps des recherches qui sont menées au Musée de l’Homme. »

► À écouter : Le goût du monde (Manger magique, émission du 26/10/19)

Si la santé alimentaire n’est pas au centre de l’expo, le fruit des travaux des scientifiques du Muséum offre un ensemble de connaissances permettant de se poser quelques bonnes questions. C’est le cas avec le thème de la viande : on découvre notamment les différents enjeux liés à sa consommation, son rôle dans notre évolution et son impact écologique grandissant. De quoi littéralement nourrir les nombreux débats portant sur les conséquences éthiques, écologiques et sanitaires de la consommation de viande. « C’est une exposition qui expose un état des connaissances. On ne veut être ni instigateur ni précepteur de certaines idées », prévient Christophe Lavelle. De quoi néanmoins rassasier les plus gourmands de connaissances !

Sur plus de 600m2, trois salles sont dévolues à l’exposition pour découvrir tous les enjeux contemporains de l’alimentation avec des petits clins d’œil qui amusent autant qu’ils instruisent les visiteurs. On peut ainsi s’asseoir à la table de l'Élysée, ou converser avec le docteur Meuh, une vache fictive sur les différents régimes alimentaires, également regarder un extrait du film culte L'aile ou la cuisse, ou s’interroger sur les effets de la surconsommation alimentaire devant une réplique de caddie de supermarché haute de près de 3 mètres, oeuvre de l'artiste français Lilian Bourgeat.

Pour explorer l’alimentation du point de vue des sociétés humaines, le visiteur est invité à prendre place à un grand « banquet ethnoculinaire », un voyage à travers le monde avec au menu les dimensions religieuses, identitaires, politiques et artistiques de l’alimentation. Sans oublier bien sûr les arts de la table qui en disent toujours long sur les coutumes et cultures.

► À écouter : Autour de la question (Qu'est-ce qu'on mange?, émission du 5/11/19)

Vegan ou végétalien ou flexitarien, notre époque tend vers une nouvelle ère alimentaire dans laquelle notre manière de nous nourrir est remise en question avec en ligne de mire le souhait de manger sain. En revenant sur la très longue histoire alimentaire de l’humanité depuis le Paléolithique, « Je mange donc je suis » offre un rappel du passé pour répondre aux défis de demain en aidant chacun à repenser le lien entre les habitudes alimentaires et les besoins nutritionnels. À la sortie, le visiteur a compris l’impact de l’alimentation sur l’anatomie, le patrimoine génétique et les habitudes sociales. Il n’est plus un simple consommateur, mais peut se prévaloir de savoir faire des choix, en fin de compte devenir un authentique « consommacteur ».

♦ Pratique
Exposition « Je mange donc je suis »
Musée de l’Homme, place du Trocadéro, Paris
Jusqu’au 1er juin 2020

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