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Turquie

La France convoque l'ambassadeur de Turquie après les propos d'Erdogan

Selon le président Recep Tayyip Erdogan, quelque 1200 anciens membres du groupe EI sont détenus en Turquie.
Selon le président Recep Tayyip Erdogan, quelque 1200 anciens membres du groupe EI sont détenus en Turquie. REUTERS/Bernadett Szabo

L'ambassadeur de Turquie en France va être convoqué au ministère des Affaires étrangères pour s'expliquer sur les déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président turc n’a pas du tout apprécié les propos d'Emmanuel Macron sur l’offensive récente d'Ankara en Syrie et sur la place de la Turquie au sein de l’Alliance atlantique.

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De notre correspondante à IstanbulAnne Andlauer

Le ton monte entre la France et la Turquie. « Ce n'est pas une déclaration, ce sont des insultes », a réagi l'Elysée aux propos de Recep Tayyip Erdogan vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Le président français avait jugé l’Otan « en état de mort cérébrale ». Son homologue turc l’invite à « faire contrôler son propre état de mort cérébrale. » Les autorités indiquent que l'ambassadeur de Turquie en France sera convoqué.

Emmanuel Macron avait dénoncé jeudi la façon dont l’allié turc avait « agressé » les forces kurdes en Syrie, l’accusant d’avoir « mis en péril » la lutte contre le groupe État islamique. Tayyip Erdogan le qualifie « d’inexpérimenté » en matière de lutte anti-terroriste. « C’est pourquoi, ajoute-t-il, les gilets jaunes ont envahi la France. »

Le chef d’État français, enfin, est allé jusqu’à se demander s’il ne fallait par remettre en cause la solidarité militaire entre membres de l'Alliance atlantique en cas d’agression de l’un d’eux, prenant l’exemple turc. Recep Tayyip Erdogan lui répond, usant encore du tutoiement : « Ce n’est pas à toi de décider s’il faut exclure ou non la Turquie de l’Otan. »

Un ressentiment qui date

Ces derniers mois – à force de petites phrases lâchées au détour d’interviews ou de déclarations à la tribune – on sentait monter une sorte de ressentiment ou de frustration du président turc à l’égard de son homologue français, avec lequel il espérait pourtant nouer des relations étroites à l’époque de son élection.

Le mois dernier encore, Recep Tayyip Erdogan assurait avoir dit à Emmanuel Macron de se « regarder dans le miroir » après ses critiques de la dernière offensive d’Ankara contre les forces kurdes en Syrie.

Le dirigeant turc n’apprécie pas du tout que le président français, contrairement à ses homologues européens, ne se contente pas de protestations verbales, mais qu’il invite à l’Elysée des représentants de ces forces kurdes pour leur signifier son soutien. Dans d’autres dossiers – tels que la place de la Turquie dans l’Otan, ses rapports avec l’Union européenne ou les forages gaziers dans les eaux chypriotes – Tayyip Erdogan estime que l’Elysée adopte une position anti-turque.

Un message à destination de l'opinion turque

Evidemment, en rendant publiques ses rancoeurs au lien de les confier en privé au président français, Recep Tayyip Erdogan s’adresse surtout à l’opinion turque. Il cultive son image de leader qui tient tête aux Occidentaux.

Une des raisons pour lesquelles le président Erdogan est virulent c’est parce qu’il a une situation très tendue à l’intérieure. Une crise économique profonde et pour la première fois en 17 ans, son pouvoir, désormais absolu, est défié.

Marc Pierini

L’ambiance risque d’être électrique au sommet de l’Alliance atlantique des 3 et 4 décembre. En marge de l’événement, une rencontre doit réunir les présidents turc et français, ainsi que la chancelière allemande et le Premier ministre britannique.

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