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France

La mobilisation contre la réforme des retraites en net recul

Selon FO, 180.000 personnes ont défilé ce mardi 10 décembre à Paris ; ils étaient 27.000 d'après le décompte du cabinet Occurrence.
Selon FO, 180.000 personnes ont défilé ce mardi 10 décembre à Paris ; ils étaient 27.000 d'après le décompte du cabinet Occurrence. REUTERS/Eric Gaillard

Les opposants à la réforme des retraites étaient de nouveau dans la rue ce mardi 10 décembre partout en France, après la démonstration de force du 5 décembre. Selon le syndicat Force ouvrière, les manifestants étaient 180 000 à Paris, contre 250 000 jeudi dernier.

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Parti des Invalides en début d'après-midi ce mardi, le cortège a atteint la place Denfert-Rochereau, au sud de Paris, deux heures plus tard. Contrairement à la manifestation du 5 décembre qui avait dû attendre deux heures avant de démarrer, à cause de heurts place de la République, celle-ci a progressé vite et dans une ambiance détendue.

Au soir de cette deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, dont les détails doivent être présentés ce mercredi par le Premier ministre Edouard Philippe, les manifestants se disaient déterminés à poursuivre le mouvement.

« Nous sommes déterminés, assurait ainsi Adel, au micro de notre reporter Altin Azaj. Ce projet de réforme est punitif. Il n’est bon pour personne, que ce soit les salariés du privé ou du public. Il n’y a rien à négocier. [Le gouvernement] retire son projet, et on part sur de bonnes bases. Il vaut mieux une grève qui dure deux, trois semaines ou un mois, et avoir une retraite décente, que d’aller au travail aujourd’hui et être retraité pauvre demain. »

On dénonce à la fois la précarité qu'on vit aujourd'hui en tant qu'étudiants et celle qu'on nous promet par la suite. Les retraites, c'est notre avenir aussi.

Ecoutez le reportage : les enseignants et étudiants contre la réforme des retraites

« Je ne pourrai même pas payer mon Ehpad »

Dans la foule se retrouvaient cheminots, étudiants, syndicalistes, ainsi que quelques blouses blanches et des « gilets jaunes », mais aussi beaucoup d'enseignants.

« Je suis là aujourd’hui contre cette réforme, mais je suis dans la rue depuis un an, avec les profs et les “gilets jaunes”, avec les “stylos rouges”, parce que l’Éducation nationale est en train de partir à vau-l’eau, témoignait ainsi Laurence au micro de notre journaliste Lucie Bouteloup. Cette réforme va vraiment me faire perdre beaucoup d’argent. Je suis prête à tenir parce que je préfère perdre 800 euros maintenant, plutôt que finir ma carrière avec 1 400 euros de pensions. Je ne pourrai même pas payer mon Ehpad ! C’est aussi pour mes enfants que je le fais, parce qu’eux ne sont pas encore entrés dans la vie active, et ils vont vraiment en baver. »

Selon le syndicat Force ouvrière, la mobilisation a rassemblé 180 000 personnes à Paris, contre 250 000 le 5 décembre. La CGT, elle, fait état de 885 000 manifestants dans toute la France, contre 1,5 million jeudi dernier. Le ministre de l'Intérieur a pour sa part dénombré 339 000 manifestants, dont 31 000 dans la capitale. Jeudi, il en avait recensé 806 000 pour l'ensemble de l'Hexagone, dont 65 000 à Paris. Si les chiffres diffèrent, le constat est le même : l'affluence recule.

Mais pour le dirigeant de la CGT, Philippe Martinez, c’est la dynamique qui compte. « Dans certaines villes de province, les participations sont massives, relativise-t-il. Il y a même des manifestations dans des villes où il n’y en avait pas jeudi dernier. Il y a énormément de mobilisation à la SNCF et à la RATP. »

La contestation s'élargit

« Dans l’énergie, dans le privé, il y a aussi des grèves importantes aujourd’hui, et d’autres qui s’annoncent pour la semaine prochaine, souligne Philippe Martinez. Ce n’est pas une journée charnière. Il y a peut-être aussi des salariés qui se disent : “Peut-être que [le gouvernement] nous a compris, on va attendre de voir ce qu’il dit avant de retourner dans la rue.” Il y a une certaine attente des annonces de demain. »

Une intersyndicale était prévue ce mardi soir à l’issue de la manifestation entre CGT-FO et FSU. Une nouvelle journée de mobilisation ce jeudi est déjà en réflexion. Le gouvernement est par ailleurs confronté à un risque d’élargissement de la contestation. Les syndicats de policiers, notamment, comptent durcir leur action à partir de ce mercredi si le gouvernement n’apporte pas de garanties pour la défense de leur régime spécifique de retraite.

►À lire aussi : France: 6e journée de grève contre la réforme des retraites, transports perturbés

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