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Le véganisme fait de nouveaux adeptes: les animaux de compagnie

Par nature, le chien est omnivore et le chat est carnivore (photo d'illustration).
Par nature, le chien est omnivore et le chat est carnivore (photo d'illustration). PETER ENDIG / DPA / AFP

Nombreuses sont les personnes qui décident de réduire ou supprimer leur consommation de viande, en devenant végétariens, végétaliens ou végans. Selon une récente étude, certains maîtres ne seraient pas contre l’idée d’imposer de tels régimes à leurs animaux de compagnie, les chiens et les chats en particulier.

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Changer de régime alimentaire pour aller vers une alimentation plus végétale, c’est supprimer la viande, le poisson ou tout aliment d’origine animale. Cette décision peut être motivée par différents facteurs : des raisons médicales, des convictions environnementales ou pour des questions de bien-être animal.

Alors que les régimes végétariens ou végans sont en hausse depuis une dizaine d’années, certaines personnes ont décidé d’instaurer ce type d’alimentation pour leurs animaux domestiques.

Une récente étude publiée par l’Université de Guelph au Canada montre qu’un tiers des Américains qui ont des animaux pourraient envisager de les mettre à un régime végétalien ou végan, pour tendre vers une démarche plus respectueuse de l’environnement.

Réduire notre consommation de viande, une nécessité ?

En 2017, 323 millions de tonnes de viande ont été consommées dans le monde, estime l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Un chiffre en hausse depuis ces dix dernières années. En 2014, le secteur de l’élevage représentait 15,5% des émissions de CO2 dans le monde, faisant de ce secteur l’un des plus polluants.

Notre consommation de viande continuera d’augmenter en même temps qu’augmente la population mondiale, précise la FAO, qui recommande de s’adapter au changement climatique. Consommer moins de viande peut être l’une des solutions.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) considère que la modification de nos régimes alimentaires, comme supprimer partiellement ou totalement la viande, peut être une mesure d’adaptation face aux changements climatiques afin d’atténuer les dommages potentiels que cela a sur notre planète. Les régimes privilégiant les aliments d’origine végétale ont moins d’impact négatif sur l’environnement, car leur production émet moins de CO2.

C’est avec ce constat et la progression du nombre de végétariens et végans dans le monde que les fabricants d’aliments pour animaux se sont emparés de ce nouveau marché, avec des repas à base de protéines végétales.

Vers des croquettes plus naturelles

L’étude menée par l’Université de Guelph est l’une des premières à se pencher sur la question de la consommation de viande chez les propriétaires d’animaux pour comprendre les régimes alimentaires qu’ils mettent en place pour leurs propres animaux. Aux États-Unis par exemple, 56% des la population a des animaux domestiques et, parmi elle, au moins 20 millions sont végétariens ou végans et ne seraient pas contre l'idée d'adapter un tel régime pour leurs animaux.

À une échelle plus grande, plus de la moitié de la population mondiale affirme avoir un animal, c’est ce qui ressort d’une enquête menée par le cabinet GFK en 2015. En haut du palmarès des animaux de compagnie les plus appréciés : les chiens et les chats. Or, ces animaux mangent en grande partie des aliments d’origine animale.

Dans une autre étude menée par l’Université de Californie à Los Angeles, le docteur Gregory Okin rappelle qu’il faut être conscient de l’impact écologique que peuvent avoir les animaux de compagnie sur la planète, car un régime à base de viande, que ce soit pour les humains ou les animaux, nécessite plus d’énergie, d’eau et de terre qu’un régime basé sur des aliments d’origine végétale.

Les chats et les chiens représentent donc de grands consommateurs de viande et c’est pour cela que des entreprises ont lancé de nouvelles gammes de nourriture pour animaux ces dernières années : des croquettes bio et végétariennes aux compléments alimentaires végans.

Le docteur Guillaume Germain est vétérinaire à Paris. Pour lui, c’est un effet de mode : « À long terme, ça ne peut pas être bénéfique pour leur santé. Les animaux pourront être sujets à des carences. Mais pour le moment, il n’y a pas vraiment d’études qui ont été menées pour pouvoir le prouver scientifiquement ».

Une alimentation perçue comme « contre nature »

L’une des questions que soulève l’étude faite par l’Université de Guelph est celle du respect de ses convictions. Faut-il ou non les imposer à ses animaux de compagnie ? C’est un sujet évoqué sur de nombreux sites internet, comme Vegan pratique, et le groupe Facebook « Chats et chiens végétariens » qui compte aujourd’hui plus de 6 600 membres. Le fait de ne plus manger de viande, mais de continuer à en donner à ses animaux peut être perçu comme un paradoxe.

Par nature, le chien est omnivore et le chat est carnivore, et tous deux ont des besoins en nutriments que l’on ne retrouve pas forcément dans les aliments d’origine végétale, c’est le cas de la taurine, un acide aminé indispensable pour les chats. Les régimes à base d’aliments d’origine végétale peuvent alors être  vus comme contre nature par certains.

Un argument que réfute Marie, végan depuis cinq ans et qui a nourri plusieurs de ses chats avec une alimentation purement végétale pour être en accord avec ses propres convictions.

« Si à l’avenir, nous devons diminuer notre consommation de viande, il faudra réfléchir à comment alimenter les animaux que l’on a domestiqués. Ceux qui pensent qu’une alimentation végétale pour animaux est contre-nature n’ont pas totalement tort, mais la domestication aussi est déjà contre-nature ».

Pour Marie, la nourriture pour animaux doit se développer afin d’être plus éthique et en adéquation avec le véganisme, mais elle doit se perfectionner afin de répondre complètement aux besoins nutritionnels des animaux. 

Manon, l’une des membres du groupe Facebook « Chiens et chats végétaliens » est également végan depuis plusieurs années et ses deux chiens le sont également. Après deux ans de régime sans viande, la vétérinaire des animaux de Marie a bien confirmé que la santé de ses chiens étaient parfaitement bonne et qu’ils n’étaient pas en situation de carence.

« Mais même chez les végans, ce sujet pose problème, certaines personnes me disent que je maltraite mes chiens, précise Manon avant de poursuivre :rien de ce que nous imposons à nos animaux n’est naturel. L’important pour moi, aujourd’hui, c’est qu’ils soient en bonne santé et je suis convaincue que la viande qu’on leur sert n’est pas bonne ».

Le docteur Vieira, vétérinaire, décrit ces régimes comme étant « une grande erreur » et va plus loin en disant que c’est de la « maltraitance au niveau physiologique, car les animaux risquent de développer des carences ».

Une chose est sûre, une alimentation végétarienne ou végane pour les animaux nécessite des connaissances approfondies sur leurs besoins, comme pour les hommes.

Si les régimes sans viande ont un impact moindre sur l’environnement, l’homme peut-il imposer cela à des animaux domestiques pour des raisons écologiques ? Les chercheurs à l’origine de l’étude publiée par l’Université de Guelph évoquent justement ce dilemme auquel se trouvent confrontés les végétariens et végans : faut-il faire prédominer sa propre éthique sur la nature de l’animal ou faut-il continuer à nourrir les chiens et les chats avec de la viande même quand cela est contraire à ses principes ?

Une question qui divise encore parmi les vétérinaires, les végétariens et les végans.

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