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France

Grève contre la réforme des retraites: les raffineurs peuvent-ils peser?

Le site Total de Feyzin, au sud de Lyon dans le Rhône.
Le site Total de Feyzin, au sud de Lyon dans le Rhône. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le conflit social sur le projet de réforme des retraites en France en est à 34 jours. Ce mardi 7 janvier, le gouvernement reçoit syndicats et patronat pour un nouveau round de négociations étalé sur une quinzaine de jours. À surveiller de près dans cette semaine cruciale, la situation des raffineries.

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Comme en 2010 lors du passage de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, des salariés des raffineries françaises sont mobilisés contre le projet de réforme porté par le gouvernement Macron-Philippe. Un appel à un blocage total des raffineries a été lancé par la branche chimie de la CGT entre les 7 et 10 janvier 2020. En décembre, déjà, les expéditions de carburants au départ de la grande majorité raffineries avaient été bloquées.

Lundi, une assemblée générale à la raffinerie Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne, a voté la poursuite du mouvement. Selon la CGT, les raffineries Total de La Mède, Petroineos à Lavera et Esso à Fos sont également en grève, reconductible, selon le journal La Provence. Cela signifie que le carburant ne sort plus de ces raffineries des Bouches-du-Rhône, même si la production se poursuit. « La CGT Petroineos envisage toujours un arrêt de l’installation d’ici quelques jours. »

Depuis lundi soir, la raffinerie Total de Feyzin, dans le Rhône, est à son tour bloquée. Sur place, les salariés ont déjà connu une forte période de mobilisation en octobre et en novembre 2019, pour des raisons liées à leurs conditions de travail. Le site Total de Donges (Loire-Atlantique), qui avait repris, répond de nouveau à l’appel. « Un mouvement de grève a été décidé à partir du mardi 7 janvier, 13h, jusqu’au samedi 11, 13h », rapporte le secrétaire général de la CGT du site.

La raffinerie de Donges, le 2 décembre dernier.
La raffinerie de Donges, le 2 décembre dernier. LOIC VENANCE / AFP

Huit raffineries sur le territoire métropolitain

Pendant « 96 heures, il n’y aura aucune livraison de carburant depuis la raffinerie, que ce soit par pipeline, par bateau, par wagon ou par camion », promet le leader syndical CGT de Donges, cité par Ouest France. Quant à la CIM, le dépôt pétrolier maritime du Havre, il devait fermer ce mardi « à partir de 7h pour 96 heures », estime Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total. « Orly et Roissy ne seront donc plus approvisionnés en kérosène », assure ce dernier.

Avec la bio-raffinerie de La Mède, la France métropolitaine abrite huit raffineries, dont certaines sont donc bloquées depuis plusieurs semaines avec des logiques de service minimum. Total en a cinq, Esso deux, dont Gonfreville, et Petroineos, une. Selon Thierry Defresne, sept sur huit seront en grève dans les prochains jours. Emmanuel Lépine, secrétaire général de la CGT Chimie, a expliqué à France info qu'un consultation était en cours dans la huitième, Gravenchon, ce mardi.

Total l'assure, le mouvement n'aura « aucun impact sur l'approvisionnement », ni entre les 7 et 10 janvier, ni « au-delà », selon les termes d'un communiqué du géant pétrolier, qui se dit « parfaitement préparé » à toutes les éventualités. « Les quatre raffineries du groupe Total de Donges, Feyzin, Normandie et Grandpuits et la bio-raffinerie de La Mède fonctionnent et produisent », peut-on lire chez Total. Seuls les dépôts rattachés à Grandpuits et La Mède sont bloqués.

www.ufip.fr

L'organisation énergétique du territoire

Les carburants sont répartis dans 200 dépôts. La capacité de stockage totale atteignait 19,5 millions de mètres cubes en 2018, selon les derniers chiffres disponibles de l'Ufip. Soit environ 40% du volume total consommé annuellement. Il est donc compliqué d'aller bloquer chaque dépôt, commente l'Agence France-Presse. Ces endroits sont alimentés par des oléoducs, des trains ou encore des barges. Ils servent à leur tour les stations-service par camions-citernes.

Chacune des 11 000 stations du pays dispose d'une autonomie de deux à trois jours, si bien qu'une perturbation de l'approvisionnement ne se fait pas forcément sentir immédiatement. Mais des phénomènes de panique sont possibles. Pour permettre l'approvisionnement du pays malgré les blocages, le gouvernement peut débloquer des stocks stratégiques en réserve, soit l'équivalent de trois mois de consommation. C'est ce qui a été fait en décembre lors des premiers blocages.

Les autorités peuvent aussi rationner le carburant à la pompe ou faire des réquisitions pour garantir la continuité des services publics. Et les opérateurs pétroliers peuvent s'organiser différemment, en important plus notamment. Des produits pétroliers raffinés à l'étranger sont en effet importés. C'est notamment le cas du gazole, dont la France est grande consommatrice et dont près de la moitié est importée de l'étranger. La France exporte de l'essence, pour sa part.

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