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France

Retraites: à Paris, les adversaires de la réforme restent mobilisés

Des milliers de manifestants ont défilé à Paris et partout en France contre la réforme des retraites, ce jeudi 9 janvier 2019.
Des milliers de manifestants ont défilé à Paris et partout en France contre la réforme des retraites, ce jeudi 9 janvier 2019. REUTERS/Charles Platiau

Plus de 200 manifestations étaient prévues ce jeudi 9 janvier dans l'Hexagone. Il s’agit de la quatrième journée du genre depuis le début du mouvement lancé début décembre.

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À Paris, le cortège s’est élancé en début d’après-midi de la place de la République vers Saint-Augustin, en passant par la gare du Nord. Les syndicats annonçaient une forte mobilisation. Selon la CGT, 370 000 personnes ont battu le pavé parisien ce jeudi, un chiffre bien plus élevé que celui donné par le cabinet Occurrence, qui réalise son propre comptage pour un collectif de médias, et qui avance le chiffre de 44 000, et des 56 000 manifestants dénombrés par les services du ministère de l'Intérieur.

Toujours est-il que malgré le temps un peu maussade, il y avait beaucoup de monde, note notre envoyé spécial, Bruno Faure. Beaucoup de colère et beaucoup de détermination aussi. Et des slogans déjà entendus dans les trois rendez-vous populaires précédents : « Le retrait s’impose », « À la fin, c’est nous qu’on va gagner », « Macron dégage », « Make our retraite great again »...

Cette réforme est « tout sauf un gagnant-gagnant pour les femmes, les précaires, pour les salariés en général, assurait Florence, une opposante à la réforme rencontrée dans le cortège. C’est un gagnant pour les multinationales avec la capitalisation des retraites qui est en train de se profiler ».

Parmi les manifestants, on trouvait des cheminots, des enseignants, des salariés du bâtiment... Beaucoup de professions étaient représentées, des métiers pénibles, des collectifs de femmes, aussi, qui craignent pour leur niveau de retraite, et bien sûr les chefs de file des syndicats CGT, Force ouvrière, FSU, Sud ou Solidaires… Tous extrêmement déterminés à faire capoter l’ensemble de la réforme, et pas seulement l’âge pivot, la revendication des deux grands absents du jour : l’Unsa et la CFDT.

Avant le départ du cortège parisien, Philippe Martinez, le leader de la CGT, avait ainsi dénoncé « l'attitude provocatrice du gouvernement » et dit « s'interroger sur la volonté du gouvernement de discuter, [...] de prendre l'avis des organisations syndicales ».

On attend que le gouvernement prenne en compte les mobilisations et l'opinion publique...

« Un projet terrible »

Même son de cloche du côté de la CFE-CGC, syndicat représentant les cadres. « Il y a tout un tas de problèmes dans le nouveau système qui ne sont pas résolus et sur lesquels le gouvernement ne veut pas discuter, assurait François Hommeril, son chef de file, au micro de RFI. Il ne veut pas affronter la réalité des données chiffrées. Il est toujours dans son projet. Il fait l’autruche, il nous répète avec toute son armée de perroquets qui passent sur les plateaux que c’est un projet social, mais c’est un projet terrible. »

Près de la gare Saint-Lazare, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes, dont deux journalistes, ont aussi été interpellées. Mais dans l'ensemble, la manifestation s'est déroulée dans le calme.

Dans la matinée, plusieurs dizaines de milliers de manifestants avaient déjà défilé dans de nombreuses villes : entre 6 000 et 18 000 personnes à Clermont-Ferrand, de 6 500 à 10 000 à Béziers ou encore de 5 600 à 7 500 à Tours.

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