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Justice

Pédophilie dans l'Église: huit ans requis contre l'ex-prêtre Bernard Preynat

Le tribunal de Lyon, dans le centre-est de la France, rendra sa décision le 16 mars dans l'affaire de l'ex-prêtre Bernard Preynat.
Le tribunal de Lyon, dans le centre-est de la France, rendra sa décision le 16 mars dans l'affaire de l'ex-prêtre Bernard Preynat. REUTERS/Emmanuel Foudrot

Au moins huit ans de prison ferme ont été requis vendredi 17 janvier à l'encontre de l'ex-prêtre Bernard Preynat jugé pour une vieille affaire d'abus sexuels emblématiques de l'omerta de l'Église de France sur la pédophilie. Une peine « démesurée » pour son avocat.

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Le tribunal de Lyon, dans le centre-est de la France, rendra sa décision le 16 mars dans ce dossier « hors du commun », selon la procureure Dominique Sauves. « Ce n'est pas le procès d'une lâcheté collective ou d'une institution, mais celui d'un homme qui avait mis en place sa propre structure pour répondre à ses pulsions, car il avait besoin de disposer d'un vivier varié et toujours alimenté de petites victimes », a estimé la magistrate.

Elle accuse le prévenu d'avoir « brisé » les vies de scouts âgés de 7 à 15 ans au moment des faits, et de s'être « servi du silence des parents et du silence de l'Église » pour multiplier ses abus entre 1971 et 1991.

Assurant que le curé défroqué l'été dernier, à l'issue de son procès canonique, « a conscience du mal qu'il a fait », son avocat Me Frédéric Doyez a appelé de son côté le tribunal à prendre une décision qui le remette « dans la communauté des hommes, à une place qui est celle que l'on occupe quand on a 74 ans et qu'on est malade ».

Je crois que cet homme dans un état de solitude absolue. Il est seul face à lui-même, face à son passé, face à ses infractions. Et regagner la communauté des hommes, c’est peut-être aussi pouvoir à nouveau échanger.

Ce procès était très attendu depuis que l'affaire a éclaté fin 2015, quand des plaintes ont été déposées, éclaboussant la hiérarchie catholique à travers le cardinal Philippe Barbarin, jugé pour ses silences sur l'affaire.

« Dieu merci nous y sommes », a dit la magistrate au début de son réquisitoire durant lequel l'ex-prêtre est resté impassible, figé sur sa chaise et regardant droit devant lui, comme pendant toute l'audience.

« Je m'excuse auprès des victimes, de leurs familles, des autres prêtres, du diocèse et de toute l'Église que j'ai salis par mes agissements », a déclaré le prévenu, réaffirmant que « depuis 1991 », il a été « fidèle à la promesse faite à Mgr Decourtray », l'archevêque de l'époque, en ne touchant plus aucun enfant.

À la barre, l'homme a demandé pardon aux neuf victimes venues témoigner de leurs souffrances. De nombreuses autres n'ont pu porter plainte du fait de la prescription. Un pardon sans empathie manifeste, qui a d'autant moins convaincu les parties civiles que le prévenu, s'il reconnaît la plupart des abus qu'on lui reproche, en a nié certains et minimisé d'autres. Pour la procureure « il a écouté les souffrances des victimes, mais il ne les a pas entendues ».

Je veux qu'il aille en prison, qu'il y soit le plus longtemps possible. Surtout pour qu'il réfléchisse à toute la souffrance qu'il a créée. En tout cas, j'espère qu'il aura la peine maximale.

(avec AFP)

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