Accéder au contenu principal
France / Terrorisme

Procès Mourad Farès: un «rabatteur de jihadistes» à la personnalité complexe

Un dessin de presse montre Mourad Farès au premier jour de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 20 janvier 2020.
Un dessin de presse montre Mourad Farès au premier jour de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 20 janvier 2020. Benoit PEYRUCQ / AFP

Le procès de Mourad Farès s’est ouvert lundi 20 janvier devant la cour d'assises spéciale de Paris. Ce Franco-Marocain de 35 ans est accusé d’avoir envoyé de nombreux jihadistes français combattre en zone irako-syrienne, où il s’est lui-même rendu en 2013-2014. Cette première journée a essentiellement été dédiée à l’étude de sa personnalité et au contexte de sa radicalisation.

Publicité

La jeunesse de Mourad Farès est sans histoire : une famille soudée, adepte d’un islam modéré, une scolarité réussie. « Brillant, il aurait pu faire les classes préparatoires aux grandes écoles », estime son professeur de mathématiques actuel. Mais après son bac, Mourad Farès se perd : il multiplie les emplois puis ne travaille plus.

Sa radicalisation, affirme-t-il, se serait faite en quelques mois. En octobre 2012, la mort d’un cousin le plonge dans une quête spirituelle, qu’il nourrit sur internet : alors qu’il envisage de s’installer dans un pays musulman, il découvre les vidéos du propagandiste niçois, Omar Diaby, le contacte en décembre.

« J’étais sous l’emprise de ce mentor », assure Mourad Farès, accusé d’avoir recruté des dizaines de jeunes avant de lui-même rejoindre la Syrie à l’été 2013. Mais le profil et le parcours de celui qui se dit aujourd’hui « repenti » semblent plus complexes.

► À lire aussi : Filière jihadiste de Strasbourg: la question du recrutement au cœur du procès

« Je ne répondrais à aucune question de cet ordre », rétorque-t-il à la présidente qui l’interroge sur son orientation sexuelle. Or, selon un rapport pénitentiaire, Omar Diaby savait que Mourad Farès était homosexuel et s’en serait même servi pour l’inciter au départ lui disant qu’il effacerait ainsi ses péchés.

Deux témoins estiment d’ailleurs qu’il était tiraillé entre sa foi et son inclinaison et que ça a joué dans son basculement : « Face à la complexité de sa réalité, cette idéologie était sans doute une voie plus simple pour donner un sens à sa vie », souligne ainsi un ex-compagnon.

Des témoignages qui posent aussi la question de la sincérité de Mourad Farès, puisque les deux hommes affirment avoir observé des signes inquiétants chez lui plusieurs mois avant le décès de son cousin.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.