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France

Municipales: la circulaire Castaner déclenche une fronde de l'opposition

Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner
Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

À moins de deux mois des municipales, le gouvernement a décidé de ne plus attribuer de « nuance » politique aux maires de villes de moins de 9000 habitants. Jusqu’à présent, c’était le cas uniquement pour les villes de moins de 1000 habitants. Pour l’opposition de droite et de gauche, c’est une arnaque électorale de la part de la République en Marche qui chercherait à cacher son manque d’ancrage local.

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Différent de l'« étiquetage », qui permet aux candidats de choisir librement une étiquette, le « nuançage » effectué par les préfets consiste à attribuer une couleur politique aux listes et candidats, y compris ceux qui se sont déclarés « sans étiquette ». Le ministère dresse une liste de nuances qui sont attribuées en tenant notamment compte de la « trajectoire passée » des candidats. Le but est d'établir au niveau national le rapport de force entre les grandes tendances politiques.

La ficelle est un peu grosse aux yeux du député Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan : « C'est une infamie, c'est une manoeuvre grossière, c'est casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre. Mais la fièvre est là. »

Pour Damien Abad, le chef des députés Les Républicains, le parti d’Emmanuel Macron veut tout simplement maquiller sa future déroute. « 96% du territoire national échapperait à toute expression politique. C'est le fait que la France des territoires, parce qu'elle n'est pas macroniste, finalement n'apparaîtrait pas aux soirs des 1er et 2e tours des élections municipales. »

Tous contre la circulaire, tous contre son auteur, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, la cible préférée de l’opposition. Exemples avec Nicolas Dupont-Aignan et le député Rassemblement national Sébastien Chenu. « Le ministre de l'Intérieur est sorti de son rôle d'arbitre. Vous avez déjà vu un arbitre qui rentre dans une partie et qui donne des coups dans les tibias des joueurs ? », dit le premier ; « M. Castaner était déjà un ministre de l'Intérieur nullissime ; maintenant, il nous démontre qu'il est le candidat de la magouille », s'agace le second.

Le gouvernement assure répondre à une demande des petites villes rurales. Le député marcheur Laurent Saint Martin nie toute entourloupe. « Le sujet n'est absolument pas de masquer en soi les étiquettes par crainte d'un résultat électoral mais au contraire d'appliquer quelque chose de plus simple pour les préfets. »

Dans une procédure d'urgence, le parti Les Républicains a saisi le Conseil d'État pour lui demander de suspendre en référé la circulaire de l'Intérieur qui « est susceptible de porter atteinte à la sincérité du suffrage ». Le Rassemblement national a également déposé mardi un recours devant le Conseil d'État pour demander « l'annulation » de la circulaire, considérant qu'elle « manque de base légale » et rompt « l'égalité entre les candidats ». Le Conseil d’État examinera la semaine prochaine les recours déposés par Les Républicains. Le Parti socialiste ont aussi l’intention d’en déposer un de leur côté.

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