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Procès Mourad Farès: des Français partis en Syrie entendus comme témoins

Troisième jour mercredi du procès de Mourad Farès devant les assises du palais de Justice à Paris.
Troisième jour mercredi du procès de Mourad Farès devant les assises du palais de Justice à Paris. Eric FEFERBERG / AFP

Troisième jour mercredi du procès de Mourad Farès devant les assises du palais de justice à Paris. Accusé d’avoir envoyé de nombreux jihadistes français combattre en zone irako-syrienne, où il s’est lui-même rendu en 2013-2014, ce Franco-Marocain de 35 ans est poursuivi pour association de malfaiteurs terroristes, direction d’un groupe terroriste et financement du terrorisme. Pour tenter d’en savoir plus sur son rôle exact, plusieurs Français partis en Syrie, de la filière dite « de Strasbourg », ont été entendus comme témoins.

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Fin 2013, ils sont dix copains de Strasbourg à rejoindre la Syrie. Deux seront tués, sept reviendront et seront condamnés à des peines de prison en 2016. Le dixième, Foued Mohamed-Aggad, sera l’un des kamikazes du Bataclan.

À l’audience, son frère, Karim, comme les autres témoins, a minimisé le rôle de l’accusé. S’il reconnaît avoir vu les vidéos diffusées par Mourad Farès, l’avoir rencontré plusieurs fois avant son départ, il affirme qu’il était alors question d’installation en pays musulman ou d’humanitaire.

S’il admet aussi que le groupe a suivi certains conseils de Mourad Farès pour le départ et que c’est bien lui qui était censé les réceptionner à la frontière, Karim Mohamed Aggad dément toutefois qu’il ait été le recruteur du groupe, ce dont l’intéressé s’était pourtant vanté à la presse début 2014.

« Pour moi, il a voulu se faire mousser », explique Karim Mohamed Aggad. Face à l’insistance de la présidente, qui rappelle notamment que la plupart des Strasbourgeois avaient chargé Mourad Farès lors de leur procès, il s’agace : « Je connaissais Mourad Farès, mon frère n’est pas n’importe qui, et Mourad Farès nous aurait recrutés, je vois bien le raccourci qu’on veut faire mais mon frère ne l’a croisé qu’une fois quand on était déjà en Syrie », martèle-t-il.

Et d’insister : « Mourad était un simple musulman comme nous, il n’avait ni le pouvoir de recruteur ni de gourou. Il a peut-être sensibilisé certains, mais avec ou sans lui, je serais parti », conclut-il. La plupart des témoins concèdent tout juste que, si Mourad Farès a contribué au départ du groupe, c’est « indirectement ».

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