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5G: l’Anses pointe le manque de données sur les conséquences sanitaires

La France a lancé officiellement sa procédure d'attribution des fréquences 5G aux opérateurs télécoms en décembre 2019.
La France a lancé officiellement sa procédure d'attribution des fréquences 5G aux opérateurs télécoms en décembre 2019. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Dans un rapport publié ce lundi, l'Agence nationale de sécurité sanitaire note le peu de données scientifiques disponibles sur les effets sanitaires de l'exposition à certaines fréquences d'ondes électromagnétiques.

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Permettant de transmettre beaucoup plus rapidement que la téléphonie mobile actuelle de très grandes quantités de données, la 5G promet le développement de technologies futuristes : voiture autonome, chirurgie à distance, usine automatisée et objets connectés.

Mais elle suscite également de nombreuses inquiétudes liées à son potentiel impact sanitaire ou environnemental, qui ont poussé des ONG à annoncer un recours en justice pour demander l'annulation de l'appel à candidatures lancé en décembre pour l'attribution des fréquences.

« Ces évolutions technologiques vont modifier les modalités d'exposition de la population, et nécessiteront d'adapter les méthodes de mesure et d'évaluation », a indiqué l'Anses ce lundi, dans un rapport qui identifie deux « champs d'expertise » à approfondir.

Le premier concerne les fréquences radio autour de 3,5 gigaHertz - mises aux enchères en premier avant un début de commercialisation cet été - pour lesquelles l'agence « a mis en évidence un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels ». L'Anses devra donc tenter d'« extrapoler » les résultats d'expertises antérieures sur d'autres fréquences.

Le deuxième concerne des fréquences plus élevées, dites « millimétriques », qui seront utilisées plus tard et pour lesquelles les données sont « plus nombreuses ».

« Aujourd'hui, personne n'est capable de prévoir avec certitude combien de personnes et quand utiliseront ces réseaux 5G, a commenté Olivier Merckel, expert de l'Anses. On peut malgré tout établir des scénarios [...] pour donner des indications en matière d'exposition et potentiellement en matière de risque », a-t-il expliqué à l'AFP, notant qu'il fallait pour cela disposer des informations les plus précises possibles de la part des opérateurs.

Il existe aujourd'hui des valeurs limites d'exposition pour toutes les fréquences, a-t-il souligné. Mais si l'analyse dont la publication est prévue au premier trimestre 2021, devait mettre en évidence des « effets particulièrement inquiétants » pour certaines fréquences, l'Agence pourrait éventuellement recommander une modification des seuils, a précisé Olivier Merckel.

Recours devant le Conseil d'État

Ce rapport devrait conforter plusieurs ONG, qui reprochent au gouvernement de ne pas avoir évalué les conséquences environnementales et sanitaires du déploiement de la 5G. « Le gouvernement a mélangé vitesse et précipitation, lancé des enchères sans évaluation environnementale, sans évaluation sanitaire et sans débat public », explique à RFI Stephen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement.

« Une fois encore, ce que l’on constate, c’est que cette 5G va, vraisemblablement, tripler le nombre d’antennes-relais, et surtout, induire une augmentation des expositions des riverains qui est très loin d’être négligeable. »

Ces ONG ont annoncé, il y a quelques jours, un recours devant le Conseil d'État pour faire annuler la décision gouvernementale.

(Avec AFP)

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