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Angoulême: le prix du courage artistique remis au dessinateur algérien Nime

Les affiches de la 47ème édition du festival d'Angoulême, en 2020
Les affiches de la 47ème édition du festival d'Angoulême, en 2020 Festival d'Angoulême

Le dessinateur algérien Abdelhamid Amine, dit « Nime », critique du régime et condamné en décembre dernier à un an de prison, dont trois mois ferme, a reçu le prix du courage artistique en marge du festival de BD d'Angoulême.

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De notre envoyée spéciale à Angoulême, Sophie Torlotin

Le festival international de la bande dessinée d’Angoulême décerne, comme chaque année, des prix aux meilleurs albums de l’année écoulée. Mais depuis cinq ans, en marge, dans le « off du off » est attribué un prix pour le courage artistique, le prix « Couilles au cul », récompensant un auteur souvent persécuté ou censuré dans son pays. L’an dernier, c’était l’Équato-Guinéen Ramón Esono Ebalé (alias Jamon y Queso) qui l’avait eu. Cette année, il revient à un dessinateur algérien, Abdelhamid Amine dit « Nime », présent à Angoulême après avoir purgé une peine de prison.

En cause : un tableau, rendu public sur internet pendant la campagne électorale algérienne. Intitulée « L'Élu », cette caricature montre les cinq candidats à l’élection présidentielle, tels Cendrillon, attendant leur tour pour essayer une chaussure tenue le chef d’État-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah.

« C’était mon opinion, cela a été porté dans les manifs… Ce n’était qu’une caricature. Quand même, avant d’appuyer sur le bouton, je me suis dit “Bon…” J’ai réfléchi cinq minutes. Après, je l’ai fait. De toute façon, le combat est tellement plus grand ! Un mois de prison, si c’est le prix à payer pour une Algérie libre, oui, on y va. »

Jugé coupable par la justice algérienne d'« offense au président de la République », Nime a donc été condamné à une peine de prison ferme avec sursis. Une mobilisation internationale lui a permis d’être libéré au bout d’un mois. Mais désormais, Nime aimerait récupérer ses ordinateurs et disques durs. « Je sais que ça prendre quelques mois. Ils n’ont pas juste confisqué les dessins en question, mais ils m’ont confisqué tous mes projets d’album, un travail de dix ans. J’espère que je pourrai récupérer surtout ça. »

Nime espère que le prix décerné en marge du festival d’Angoulême le protégera dans son pays. Il continue à alimenter son blog, intitulé « Dans ma Bulle », et projette de réaliser un album de bande dessinée.

À lire aussi : BD: le mouvement social des auteurs s'invite à la remise des prix d'Angoulême

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