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Réforme des retraites: appel à une «journée morte» dans les transports ce lundi

Cinq syndicats ont appelé à la grève dans les transports, dont quatre à la RATP.
Cinq syndicats ont appelé à la grève dans les transports, dont quatre à la RATP. REUTERS/Philippe Wojazer

C'est ce lundi 17 février que le projet de loi sur la réforme des retraites arrive à l'Assemblée nationale. Le pôle traction Unsa-RATP, SUD, FO, Solidaires et FO-Cheminots ont appelé à une journée morte dans les transports en France. Mais les syndicats avancent en ordre dispersé.

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Pour la centrale de Philippe Martinez, le jour de l'arrivée du texte devant les parlementaires n'est pas la meilleure date pour rassembler les opposants à la réforme. La CGT préfère mobiliser ses sympathisants le 20 février, date de la prochaine journée nationale interprofessionnelle de grèves fixée par l'intersyndicale avec FO, Solidaires et des syndicats étudiants.

Reste à savoir si, sans la participation de la CGT, le mot d'ordre de ce lundi sera suivi. D'après le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebarri, la mobilisation dans les transports « sera peu suivie ». Avec un trafic « normal à la SNCF » et « normal ou quasi normal à la RATP », a-t-il indiqué ce dimanche sur BFM TV.

C'est donc sous la pression de la rue que les députés vont examiner le projet de loi sur les retraites. Ils ont 15 jours pour débattre, un calendrier serré alors que 40 000 amendements ont été déposés. Cela correspond à une moyenne de 125 examens par jour.

À lui seul, le parti d’extrême gauche La France Insoumise comptabilise 23 000 amendements. Ce qui fait dire à certains responsables de la majorité que le recours au 49-3, l'outil parlementaire qui permet l'adoption d'un texte sans vote, comme cela s'est produit pour la réforme du chômage, n’est pas exclu.

Laurent Berger, le patron de la CFDT, a d'ores et déjà prévenu dans une interview au Journal du Dimanche :ce serait l'erreur à ne pas commettre.

Le combat continue chez les salariés du rail : paroles de cheminots

Si les trains arrivent à l'heure, c'est que tout roule. Ce « lundi noir » dans les transports a justement pour but de prouver le contraire.

Gauthier Tacchella, conducteur de RER, et Sébastien Tournier, conducteur matériel, ont longuement fait grève au cours des deux derniers mois. Ils ont repris le travail, mais ce lundi, ils sont à nouveau mobilisés.

« J’ai fait la grève pendant un total de 56 jours, affirme Gauthier Tacchella. Je me suis arrêté parce qu’il faut manger. Il faut travailler pour gagner sa vie, malheureusement, mais ce n’est pas la fin de la lutte. »

Même réflexion chez son collègue Sébastien Tournier : « J'ai dû faire une bonne vingtaine de jours. Quand on fait grève, on n’est pas payé, donc on a décidé en assemblée générale de se remettre en grève sur des temps forts. »

Et ce lundi est justement un temps fort. Alors que le projet de loi arrive devant les députés, les cheminots remontent au front. « On est encore là, martèle Gauthier Tacchella. On n’a pas abandonné la lutte : on est toujours prêts à la bataille et c’est aussi de rappeler, et au gouvernement et aux travailleurs de ce pays, que c’est en se mobilisant par la grève qu'on va pouvoir faire plier ce gouvernement. »

Pour Sébastien Tournier, « cette réforme n’est pas acceptée par les Français. Il faut que le gouvernement le comprenne. Il ne nous a pas compris, il ne nous écoute pas et il méprise le peuple. »

Les cheminots ne sont plus en pointe du mouvement. Ils sont aussi moins seuls. Dans la santé, l'éducation, l'énergie ou la justice, les actions se poursuivent pour exiger, encore et toujours, le retrait du projet de réforme des retraites.

Le coût de la grève SNCF évalué à un milliard d’euros

Le secrétaire d'État aux Transports a par ailleurs confirmé que le coût de la grève de décembre et de janvier s'élevait à environ un milliard d'euros pour la SNCF. Un plan d'économies sera mis en œuvre au sein de l'entreprise, a-t-il rappelé comme annoncé mi-janvier par son PDG, Jean-Pierre Farandou. Il n’y aura pas de suppressions de postes prévues, a encore précisé le secrétaire d'État. Mais des mesures salariales envisagées pourraient prendre du retard.

À lire aussi : Réforme des retraites en France: le casse-tête du financement


À Paris, un village d'irréductibles grévistes

Ce dimanche plusieurs actions avaient lieu en France comme à Paris, place de la République. Les personnes mobilisées y ont monté un village des grévistes. Et ces derniers n'excluent pas un passage en force de ce texte par le gouvernement.

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