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Réforme des retraites: les débats s'enlisent à l'Assemblée nationale

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, à l'ouverture des débats, le 17 février 2020.
Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, à l'ouverture des débats, le 17 février 2020. REUTERS/Benoit Tessier

Les députés qui examinent, depuis le début de la semaine, le projet de loi sur la réforme des retraites, n'avancent guère. Avalanche d'amendements, de demandes de suspension de séances, rappels au règlement : les oppositions, surtout l'extrême gauche, font tout ce qu'elles peuvent pour ralentir les choses et rendre l'adoption du texte compliquée pour la majorité. 

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« Il va y avoir du sport », avait prévenu en début de semaine le communiste Fabien Roussel. Et il avait raison. Depuis lundi, les séances dans l'hémicycle sont chaotiques. On a vu, par exemple, le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, rappeler à l'ordre l'insoumis Jean-Luc Mélenchon. « Ici, ce n'est pas un meeting ; c'est l'Assemblée nationale », lui a-t-il lancé depuis le perchoir. Réponse de l'intéressé, sur le même ton : « Vous devriez vous calmer, président ! »

Parfois les esprits s'échauffent, les discussions s'emballent et les invectives pleuvent. Le député UDI Meyer Habib a ainsi traité de « petites connes » des élues de gauche, auteure d'une chanson parodique visant Emmanuel Macron.

Guerre d'usure dans l'hémicycle

La bataille de procédure est en train de tourner à la guérilla au palais Bourbon. Les députés de l'opposition utilisent absolument tous les moyens permis par le règlement pour retarder les débats. Dernier arme à laquelle certains ont recours : le dépôt de sous-amendements qui, pour la plupart, « n'ajoutent rien de substantiel au fond du texte », a souligné Richard Ferrand qui s'est empressé de donner des exemples : il s'agit de « substituer au mot "pas" le mot "jamais", au mot "pas une" le mot "aucune" ou au mot "des" les mots "tous les" ».

 ► À lire aussi : Réforme des retraites: la 10e journée de mobilisation peine à rassembler

Les députés d'extrême gauche l'assument parfaitement : ils font de l'obstruction parlementaire. « Nous sommes entrés en résistance dans l'hémicycle ! », s'est écrié le communiste Sébastien Jumel, lors d'un prise de parole visant à obtenir une énième suspension de séance.

En face, les marcheurs dénoncent un « sabotage parlementaire », s'indignent du spectacle donné. Pour les soutenir et leur remonter le moral, des déjeuners et des dîners devraient être organisés chez Marc Fesneau, le ministre des Relations avec le Parlement.

Le 49.3, inévitable ?

A ce rythme-là, d'après des calculs effectués par Richard Ferrand lui-même, il faudra 150 jours pour arriver au bout du texte. Ce vendredi, les députés en sont toujours à l'article 1er du projet de loi qui en compte 64. Dans ces conditions, on voit mal comment le texte pourrait être adopté avant le premier tour des municipales, comme le veut le gouvernement.

Les communistes et les insoumis réclament une suspension des débats jusqu'aux élections. Hors de question, répond l'exécutif qui affirme vouloir « aller au bout de ce qui est possible » dans le débat parlementaire, mais n'exclut pas totalement le recours au 49.3 qui permet de couper court aux discussions dans l'hémicycle et d'adopter un texte sans vote.

Si on en arrivait à cette solution, le gouvernement dirait que face à l'attitude des oppositions à l'Assemblée, il n'a pas eu le choix. Gauche et droite dénonceraient, elles, un nouvel exemple de l'autoritarisme de l'exécutif.

 

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