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Retraites: les syndicats et l'opposition maintiennent la pression sur le gouvernement

La manifestation organisée le 3 mars 2020 s'est faite suite à l'utilisation par le gouvernement de l'article 49.3 empêchant le débat à l'Assemblée nationale
La manifestation organisée le 3 mars 2020 s'est faite suite à l'utilisation par le gouvernement de l'article 49.3 empêchant le débat à l'Assemblée nationale AFP Photos/Bertrand Guay

« 49-3 ou pas, on n'en veut pas » : les opposants à la réforme des retraites sont descendus dans la rue à Paris et dans plusieurs autres villes mardi 3 mars contre la réforme des retraites. Les participants dénoncent plus particulièrement le recours au 49.3 pour faire adopter le texte sans vote à l'Assemblée. Ce soir, les députés doivent eux se prononcer sur deux motions de censure déposées contre le gouvernement par les oppositions de droite et de gauche.

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Une motion de censure sur sa droite et une autre sur sa gauche : le gouvernement affronte mardi deux motions de censure à l'Assemblée et de nouvelles manifestations plutôt clairsemées des opposants à la réforme des retraites, après le recours à l'arme du 49.3.

Après treize jours de débat à l'Assemblée nationale en première lecture pour cette réforme emblématique visant à créer un système de retraite « universel » par points, Édouard Philippe a signé samedi la fin de la partie avec le recours surprise à cet outil constitutionnel permettant de faire adopter le texte sans vote.

C'est ce qui a mis le feu aux poudres : au Parlement l'opposition a décidé de déposer deux motions de censure et l'intersyndical a appelée à la mobilisation partout en France. Ces organisations syndicales, mobilisées depuis le 5 décembre contre le projet maintiennent la pression sur le gouvernement.

Manifestations clairsemées

Le secrétaire général de Force Ouvrière Yves Veyrier s’exprimait au micro de RFI pour expliquer la raison de la manifestation du front intersyndical : « Nous sommes attachés à la démocratie, au rôle de la majorité et de l'opposition. Nous sommes là pour dire que nous ne voulons pas ce projet de système de retraite à points et entendez-le ! »

Yves Veyrier (FO) : «Ce système de retraite à points est une erreur à tout point de vue !», au micro de David Baché

Ils étaient quelques milliers à Marseille. À Paris, le cortège, où certains clamaient « 49.3 ou pas, on n'en veut pas », était assez peu fourni au regard d'autres rassemblements (6000 personnes selon la préfecture, 20 000 selon les syndicats) mais la manifestation a été organisée dans l'urgence, de la veille pour le lendemain.

«On ira jusqu'au retrait !», écoutez ces témoignages de manifestants recuillis à Paris par David Baché

Du côté de l'Assemblée nationale, le rejet des motions fait peu de doute, vu que le parti présidentiel dispose de la majorité absolue. Ni Les Républicains, avec 104 députés, ni la gauche avec 63 élus, ne peuvent rassembler la majorité de 289 voix requises pour faire chuter le gouvernement.

Marine Le Pen a annoncé mardi qu'elle voterait avec les 5 autres députés du Rassemblement national la motion de censure déposée contre le gouvernement par la gauche mais pas celle de la droite LR, qui propose un départ à la retraite à 65 ans.

Si le gouvernement n'est pas censuré, le projet de loi sera considéré comme adopté, mais cela ne vaut que pour la lecture en cours, la première à l'Assemblée. Il sera alors immédiatement transmis au Sénat, à majorité de droite, qui en débattra en séance fin avril.

►À lire aussi : Retraites en France : les opposants au 49.3 mobilisés à l’Assemblée et dans la rue

Mais des militants espèrent mobiliser des députés de la majorité quelques heures avant l’examen des motions de censure, comme Hervé Ossant, militant CGT : « Votez la motion de censure, parce qu'on est face à un État qui prive de débats les représentants de la République. Et de ce point de vue là, on voit bien un gouvernement qui depuis le début ne veut pas débattre, mis à part les pseudo-concertations avec les partenaires sociaux ».

À Paris, les manifestants contre la réforme des retraites souhaitent mobiliser les députés qui doivent ce mardi 3 mars 2020 dans la soirée voter pour ou contre la motion de censure.
À Paris, les manifestants contre la réforme des retraites souhaitent mobiliser les députés qui doivent ce mardi 3 mars 2020 dans la soirée voter pour ou contre la motion de censure. RFI/David Baché

Les députés Hubert Julien-Laferrière (Rhône) et Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-Provence) ont annoncé lundi qu'ils quittaient le groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale après la décision du gouvernement de recourir au 49-3 pour faire adopter son projet de réforme des retraites.

Dans un communiqué publié sur son compte Twitter, Delphine Bagarry, a elle aussi annoncé son départ du groupe majoritaire, expliquant notamment qu'elle ne se retrouve pas « dans la méthode du gouvernement et l'utilisation inappropriée du 49-3 ». Elle siégera dans un premier temps parmi les non-inscrits.

Depuis l'annonce par le gouvernement du recours au 49-3 pour faire adopter son projet de réforme des retraites, le sénateur des Bouches-du-Rhône Michel Amiel a annoncé son départ du parti de la majorité, tandis que les permanences de campagne d'Édouard Philippe au Havre et du ministre Gérald Darmanin à Tourcoing ont été taguées.

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