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Coronavirus: la stratégie de la France pour passer à 14000 lits de réanimation

Du personnel soignant évacue un malade du Covid-19 de l'hôpital de Metz vers l'hôpital d'Essen en Allemagne le 29 mars 2020.
Du personnel soignant évacue un malade du Covid-19 de l'hôpital de Metz vers l'hôpital d'Essen en Allemagne le 29 mars 2020. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Pour répondre à l'épidémie de coronavirus, le gouvernement français a dit samedi 28 mars vouloir atteindre un objectif de « 14 000 à 14 500 lits de réanimation sur tout le territoire national ». Pas si simple.

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Avant le coronavirus, il y avait 5 000 lits de réanimation en France ; le gouvernement veut désormais porter leur nombre à 14 000 voire 14 500. Mais on ne crée pas un lit de réanimation en claquant des doigts. Le code de la santé publique est très clair et contraignant. Il faut que plusieurs critères soient remplis. Il faut un lit en tant que tel, bien sûr, mais aussi tout un appareillage : un respirateur permettant d'assurer la ventilation artificielle, des systèmes régulés de perfusion intra-veineuse, sans oublier des appareils de monitorage pour la surveillance permanente de toutes les fonctions vitales.

Ces machines doivent être servies par toute une équipe. Sous la responsabilité d’un cadre infirmier, au moins deux infirmiers pour cinq patients, et un aide-soignant pour quatre malades. Sans parler de la présence d'un médecin spécialisé 24/24h. L'ouverture d'un service de réanimation dans un établissement hospitalier est soumise à l'agrément des Agences régionales de Santé.

Comment faire pour les multiplier quasiment par trois ?

Il y a aussi « toutes sortes d’autres activités, de transport par Samu, de blocs opératoires, de salles de réveil, où il y a des respirateurs, puisque vous êtes sous anesthésie générale, explique le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Et donc ces respirateurs pourraient être utilisés, puisque nous avons appelé à une déprogrammation massive de l’activité chirurgicale dans l’ensemble des établissements. […] On récupère des équipes d’anesthésistes, des infirmières anesthésiques, des infirmières de bloc opératoires, et des respirateurs. »

En situation de crise, des solutions dégradées peuvent en effet permettre la prise en charge de malades supplémentaires. En termes de locaux, les surveillances continues, voire les salles de réveil des blocs opératoires peuvent être réaménagées pour être utilisées comme unités de réanimation. Le matériel est également réaffecté.

En termes de personnel, les médecins anesthésistes-réanimateurs et les infirmières anesthésistes, libérés du bloc opératoire à la faveur du report de nombreuses interventions non urgentes, sont réaffectés. Cet aspect est cependant le plus délicat. Car les soignants doivent non seulement être qualifiés, mais ils sont eux-mêmes susceptibles d'être infectés par le virus. En témoignent les récents décès de trois médecins dans le Grand Est.

Les cliniques privées mises à contribution

La présidente de la fédération des hôpitaux privés non lucratifs Marie-Sophie Desaulle rappelle qu’en 72 heures, « 200 lits de réa supplémentaires » ont ainsi été créés en Île-de-France. Lamine Gharbi, président de la Fédération des hôpitaux et cliniques privés (FHP), assure pour sa part que 100 000 patients ont été déprogrammés au bloc opératoire pour faire de la place dans les services d'hospitalisation afin de mobiliser des moyens de réanimation.

Des réaménagements ont déjà eu lieu. D’autres vont être organisés. Dans les hôpitaux publics bien sûr mais aussi dans les établissements privés et toutes les cliniques. En plus de quoi, dans le cadre de l’opération militaire Résilience, le service de santé des armées a livré vingt « respirateurs lourds ». L’heure est donc à la mobilisation générale.

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